Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Les Nouvelles News
L’année où le mur d’indifférence est tombé
Article mis en ligne le 24 décembre 2017
dernière modification le 23 décembre 2017

Cette année 2017 restera celle de “la parole des femmes libérée”, selon la formule consacrée. Mais l’événement est surtout qu’elle est devenue audible. Retour sur une année pas comme les autres.

Voilà un an, le climat était autrement plus pesant. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le « harceleur en chef » selon le mot de la féministe Gloria Steinem, laissait présager des jours sombres.
Pourtant, dès janvier, des centaines de milliers de personnes manifestaient face au danger Trump. Moralement, les femmes reprenaient le pouvoir.

Neuf mois plus tard l’affaire Weinstein éclatait et produisait, par le biais des mots-clé #MeToo ou #BalanceTonPorc, une vague de témoignages sans précédent sur les violences sexuelles. Pas étonnant que le magazine Time ait fait de « celles qui ont brisé le silence » ses personnalités de l’année.

Comme jamais auparavant la parole s’est libérée, selon la formule consacrée. Mais l’événement est surtout qu’elle est devenue audible. Les voix sont désormais si fortes qu’elles ne peuvent plus être ignorées. Ce n’est pas seulement le silence qui a été brisé. C’est un mur d’indifférence qui est tombé.

Des femmes enfin audibles, cela avait commencé avant même cet automne. Rappelons-nous qu’en France, les témoignages sur le sexisme et le harcèlement, dans toutes sortes de professions, avaient afflué sur les réseaux sociaux en 2016. (...)

Des femmes enfin audibles, et pas seulement pour dénoncer les violences sexuelles. Les hockeyeuses et footballeuses aux États-Unis, les footballeuses irlandaises et norvégiennes : autant de sportives qui ont remporté cette année des bras de fer pour être mieux considérées… et mieux payées.

Un peu partout dans le monde, aussi, des mobilisations féministes ont fait bouger les lois. Cet été la Tunisie, la Jordanie puis le Liban abrogeaient enfin des dispositions permettant aux violeurs d’échapper à la justice en épousant leur victime.

En Inde, la Cour Suprême mettait fin au « triple talaq », pratique de répudiation d’un autre temps, puis jugeait qu’un acte sexuel avec une épouse mineure constitue bien un viol. En Arabie Saoudite, après des années de défi au pouvoir, les femmes obtenaient enfin le droit de conduire. (...)

en France, tandis que la parité s’ancrait au gouvernement, les élections législatives ont fait entrer près de 40% de femmes à l’Assemblée nationale : elles y sont deux fois plus nombreuses que 10 ans auparavant. Pour la première fois une autrice, Madame de Lafayette en l’occurrence, a fait son entrée au programme officiel du bac littéraire, tandis que le clitoris trouvait enfin une juste place dans un manuel scolaire. Outre-Manche, c’est la fin d’un autre entre-soi masculin : celui des statues de Parliament Square.

Visibilité encore, avec la mise en lumière de la “charge mentale”, grâce à une BD devenue virale. Et bien sûr avec le débat d’une ampleur incroyable autour de l’écriture inclusive. Jusque dans le langage, la question de l’invisibilisation des femmes était ainsi mise en lumière.

Un débat qui a, bien sûr, déchaîné les tenants de l’ordre établi. (...)

s, pas question de bouder notre plaisir. Cette semaine encore, des lycéennes de Pontoise montraient, en bloquant leur établissement pour dénoncer le harcèlement sexuel qu’elles subissent, que les voix sont loin de s’éteindre. Toutes générations confondues. 2018, année de la suite !