Nous connaissons une libération de la parole des femmes sans précédent qui produit des ondes de choc qui touchent toutes les strates de la société. Cette libération, renverse les rapports de domination et de pouvoir. Personne n’est épargné, les organisations de jeunesse non plus. J’apporte tout mon soutien aux femmes qui prennent la parole et dénoncent les violences qu’elles ont subi au sein de l’organisation.
Présidente de l’UNEF, je condamne toutes les violences sexistes, quelles que soient leurs formes.
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#MeToo dans l’UNEF aussi
18 NOV. 2017 PAR LILÂ LE BAS BLOG : LE BLOG DE LILÂ LE BAS
Nous connaissons une libération de la parole des femmes sans précédent qui produit des ondes de choc qui touchent toutes les strates de la société. Cette libération, renverse les rapports de domination et de pouvoir. Personne n’est épargné, les organisations de jeunesse non plus. J’apporte tout mon soutien aux femmes qui prennent la parole et dénoncent les violences qu’elles ont subi.
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Nous connaissons une libération de la parole des femmes sans précédent qui produit des ondes de choc qui touchent toutes les strates de la société. Cette libération, salutaire et nécessaire, renverse les rapports de domination et de pouvoir. Personne n’est épargné, les organisations de jeunesse non plus. J’apporte tout mon soutien aux femmes qui prennent la parole et dénoncent les violences qu’elles ont subi au sein de l’organisation.
Présidente de l’UNEF, je condamne toutes les violences sexistes, quelles que soient leurs formes. Pour tout dire, j’y suis moi-même confrontée. Car être une femme en responsabilité aujourd’hui dans la société, c’est subir du sexisme au quotidien. Se voir couper la parole en permanence lors de réunions institutionnelles, des remarques quotidiennes sur son physique, des attaques permanentes qui ne reposent pas sur le fond, des procès en instrumentalisation et en incompétence, c’est vivre la remise en cause de son action à cause de son sexe. Une femme, jeune qui plus est, ne serait pas capable de penser par elle-même. Être une femme en responsabilité, c’est entendre dire que l’on réagit à l’affect. Être une femme en responsabilité c’est devoir « serrer les dents » pour pouvoir avancer.
Mais être une femme en responsabilité, c’est aussi mener des combats, pour faire reculer les inégalités. Voilà mon engagement en tant que présidente de l’UNEF.
L’UNEF est une organisation féministe qui a toujours dénoncé et combattu les différentes formes de sexisme qui existent dans l’ensemble de la société. Nous nous battons pour favoriser l’émancipation de femmes et d’hommes dans une société qui nous pousse chaque jour à reproduire des comportements intolérables. L’UNEF est une organisation féministe car elle combat sur les universités le bizutage, ou encore certains « rites » qui sont de réelles agressions sexuelles lors des soirées étudiantes. Elle combat le mépris de la parole des femmes dans les instances des universités... Elle combat les écarts de salaires, le plafond de verre qui empêche les évolutions de carrière… Elle combat sans rougir pour ce qu’elle considère être une nécessité absolue : l’enseignement supérieur, et la société entière doivent évoluer pour mettre fin à ces systèmes de domination.
Mais ce discours féministe était loin d’être mis en application en interne du syndicat. L’UNEF n’est pas imperméable à la société : nous savons que les mécanismes de domination ont été et sont encore reproduits en son sein. Au-delà du constat, nous travaillons à y mettre fin. (...)
La prise de conscience collective générée par #MeToo doit nous permettre d’aller encore plus loin. En interne de notre organisation déjà, car tous les outils mis en place sont évidemment imparfaits. L’UNEF n’est pas une bulle progressiste déconnectée de la société. Au contraire. A ce titre, ces outils continueront à évoluer pour permettre une meilleure protection des femmes de l’organisation. Nous devons continuellement remettre en question les stéréotypes sexistes qui structurent les membres de notre organisation pour les faire disparaître, accentuer les formations de nos militant∙e∙s pour venir en aide aux victimes.
Cette bataille doit se prolonger au-delà des murs de notre organisation, car lutter contre les violences sexuelles et sexistes, c’est changer en profondeur les fondements de notre société, dans le domaine de la justice, de l’éducation et dans le monde du travail. C’est par l’éducation dès le plus jeune âge jusque dans l’Enseignement supérieur que nous devons agir pour lutter contre le sexisme et les violences faites aux femmes. (...)