"Ce que pourrait faire l’Europe, c’est se répartir les personnes pour examiner si certains relèvent de l’asile ou pas", a estimé sur franceinfo jeudi Catherine Wihtol de Wenden, chercheuse au CNRS, à propos des milliers de migrants bloqués à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.
(...) Cette prise d’otage est nouvelle. C’est une des expressions parmi d’autres de cette prise d’otage des migrants pour gérer une forme de diplomatie, de conflit sur la scène internationale.
L’Union européenne ne peut pas laisser pourrir la situation ?
Il faut trouver une réponse complètement organisée, structurelle, et puis assurer le quotidien humanitaire pour les personnes. On ne peut pas laisser mourir les gens à la frontière sous prétexte que la Pologne veut fermer ses frontières aux nouveaux arrivants et a le mandat de renforcer les frontières extérieures de l’Europe. On est dans une périphérisation de la gestion des migrations. On a laissé la Grèce, l’Italie se débrouiller pour ne pas dire autre chose face à l’arrivée des migrants. On va payer la Grèce pour qu’elle accueille les gens, mais on n’envisage surtout pas qu’ils aillent ailleurs. Là, c’est pareil. On dit, "c’est à la Pologne de se débrouiller. Elle ne veut pas accueillir des migrants". On est dans une zone de non-droit, et en même temps d’urgence.
Un jour, il y aura le procès de toute cette gestion des flux migratoires que l’on a en Europe avec le nombre de morts que l’on a aussi bien en Méditerranée, entre Calais et Douvres, à la frontière grecque et à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. On est dans une situation dramatique.
Qu’est ce qui est essentiel au fond ?
Regarder l’autre comme un humain quel que soit le côté de la frontière où il, elle, se situe, il y a là quelque chose de l’essentiel. https://t.co/L0TPJpxL0q
— Sandrine Rousseau (@sandrousseau) November 12, 2021