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RFI
Aux Canaries, Léon XIV dénonce « l’indifférence » du monde face au sort des migrants
#Espagne #LeonXIV #migrants
Article mis en ligne le 12 juin 2026

Léon XIV poursuit sa visite en Espagne. Après Madrid et Barcelone, le souverain pontife s’est rendu aux îles Canaries, symbole des crises migratoires, ce jeudi 11 juin. Le pape a notamment dénoncé « l’indifférence » du monde face au sort des migrants, auxquels il a rendu un vibrant hommage dans un message adressé depuis le port d’Arguineguin.

(...) Moment fort de cette séquence très attendue : le souverain pontife, fervent défenseur de l’accueil des migrants, a lancé un bouquet de fleurs en mer en hommage aux milliers de migrants morts dans la périlleuse traversée de l’Atlantique depuis l’Afrique vers cet archipel situé au large des côtes africaines.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 172 migrants sont décédés ou ont disparu sur cette route maritime en 2025. Et près de 18 000 autres sont arrivés aux Canaries à bord d’embarcations de fortune l’an passé, d’après le ministère espagnol de l’Intérieur. Un chiffre loin, toutefois, des près de 50 000 entrées irrégulières de 2024.

Au port d’Arguineguin, lieu symbolique où plus de 3 000 migrants arrivés en même temps avaient été entassés dans des conditions indignes pendant la pandémie de Covid-19, le pape Léon XIV a dénoncé « l’indifférence de nombreux individus qui laissent les pauvres être engloutis par l’exploitation ou l’oubli ».

Le souverain pontife a salué la « la dignité » des migrants (...)

Juste avant de prendre la parole, le pape avait écouté le récit lu d’une Nigériane victime de traite humaine, après avoir choisi de « tenter (sa) chance » pour venir en Espagne, ayant soupesé son choix entre « mourir en essayant ou rester et n’avoir rien ». (...)

Léon XIV demande à l’Europe d’agir

Face à la mer, Léon XIV a adressé plusieurs messages politiques, notamment aux pays d’origine de ces migrants, « qui doivent créer les conditions de paix, de justice et de développement », mais aussi en interpelant directement l’Europe, « ​​​​​​​qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ». (...)

« ​​​​​​​S’il existe un droit de chercher refuge lorsque la vie est menacée, il existe aussi le droit de ne pas avoir à migrer », a-t-il asséné.(...)