En mai 2026, après huit ans de tempête médiatique, l’enquête visant les assistants parlementaires européens de la France insoumise a été clôturée. Une affaire présentée pendant des années comme un scandale majeur, utilisée pour justifier des perquisitions spectaculaires et nourrir le récit d’un Jean-Luc Mélenchon « dangereux », « autoritaire » ou « prêt à s’affranchir des règles démocratiques », débouche finalement sur… rien. Mais alors, pourquoi un tel acharnement ?
Depuis de longues années, Jean-Luc Mélenchon occupe une place singulière dans le paysage politique français. (...)
À mesure que la France insoumise s’est imposée comme une force politique majeure, une mécanique médiatique de psychologisation s’est installée. Les débats sur le fond ont cédé la place à des commentaires incessants sur son caractère. (...)
Les intérêts que La France insoumise bouscule
L’immense majorité des médias dominants appartiennent à des groupes industriels et financiers qui ont des intérêts matériels. L’empire médiatique de Vincent Bolloré constitue aujourd’hui l’un des principaux pôles de fascisation de l’espace médiatique français. La France insoumise propose explicitement des mesures fortes contre la concentration des médias et contre l’influence politique des grands propriétaires privés.
Le programme de campagne est actuellement ouvert aux contributions citoyennes : chaque sous-partie peut être amendée, discutée et enrichie directement par les personnes qui souhaitent y participer.
Jean-Luc Mélenchon : l’homme qu’il fallait discréditer (...)
Cette obsession de la personnalité permet précisément d’éviter les questions qui brûlent et dans ce spectacle loufoque, certains intérêts ont beaucoup à gagner à ce que ces idées ne soient jamais discutées sérieusement.
Le paradoxe est que ceux qui débattent sans cesse de sa personnalité n’y ont accès qu’à travers des extraits soigneusement sélectionnés. (...)
« La République, c’est moi » : la construction d’un mythe (...)
Réduire un programme à une personnalité : le degré zéro du débat politique (...)
Cette obsession de la personnalité permet précisément d’éviter les questions qui brûlent et dans ce spectacle loufoque, certains intérêts ont beaucoup à gagner à ce que ces idées ne soient jamais discutées sérieusement.
Le paradoxe est que ceux qui débattent sans cesse de sa personnalité n’y ont accès qu’à travers des extraits soigneusement sélectionnés. (...)
Un acharnement contre LFI qui dépasse le cas de Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à subir cet acharnement médiatique, nombre d’Insoumis sont également pris pour cible. Rima Hassan est devenue l’une des cibles les plus emblématiques de cette mécanique de discrédit. (...)
L’ombre d’Israël sur les municipales
En 2026, plusieurs candidats de la France insoumise aux élections municipales – David Guiraud, François Piquemal et Sébastien Delogu – ont été la cible de campagnes coordonnées de désinformation en ligne. Faux sites d’information, accusations fabriquées, contenus générés par intelligence artificielle…
Révélées d’abord par Le Monde et Le Canard enchaîné, ces opérations ont été attribuées par les autorités françaises à l’entreprise israélienne BlackCore. Des enquêtes ultérieures de Libération et du quotidien israélien Haaretz ont permis de mieux documenter l’écosystème à l’origine de ces campagnes. Elles ont notamment mis en lumière les liens entre BlackCore et Galacticos, une société basée à Tel-Aviv spécialisée dans les opérations d’influence numérique.
Libération a par ailleurs révélé le compagnonnage entre cet écosystème et Yigal Unna, ancien directeur général de l’Agence nationale israélienne de cybersécurité. (...)
Les propos graves qui passent inaperçus, parce qu’ils ne viennent pas de LFI
Éric Zemmour a été condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine raciale. De nombreux cadres du Rassemblement national – parti fondé par des collaborateurs et d’anciens Waffen-SS – multiplient depuis des années les propos violents sans déclencher une intensité médiatique comparable à celle réservée à la moindre formulation ambiguë de la France insoumise.
Et il n’y a pas que les partis d’extrême droite. (...)
La symétrisation éhontée avec l’extrême droite (...)
Une partie de la gauche participe aussi à cette mascarade
L’acharnement contre Mélenchon ne vient pas uniquement des médias dominants des milliardaires ou de la droite. Une partie de la gauche y contribue, souvent par calcul opportuniste. (...)
C’est oublier que LFI est la seule force de gauche à avoir progressé électoralement ces dernières années, tandis que les autres peinent à franchir quelques points aux présidentielles. (...)
La critique interne est vitale au sein des mouvements de gauche – elle est une condition de leur lucidité. Mais transformer Jean-Luc Mélenchon en ennemi principal, c’est déplacer le regard loin des structures de pouvoir économiques et des forces réactionnaires. C’est dérouler chaque jour un peu plus le tapis rouge à l’extrême droite tout en banalisant ses idées nauséabondes. Bien heureux sont ceux qui peuvent encore considérer leurs divergences comme l’urgence du moment, à l’heure où le fascisme revient aux portes du pouvoir.