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La colonisation est-elle vraiment terminée ? La Maison de l’Histoire européenne s’interroge dans sa nouvelle exposition
#Europe #Histoire #colonisation
Article mis en ligne le 21 mai 2026
dernière modification le 18 mai 2026

Que reste-t-il de la colonisation dans la société européenne ? C’est l’une des questions que pose la nouvelle exposition gratuite de la Maison de l’Histoire européenne, à Bruxelles. Avec "Postcolonial ?", le musée fait dialoguer objets anciens et œuvres contemporaines pour vous faire réfléchir au passé et au présent du colonialisme. A voir du 17 avril 2026 au 14 mars 2027.

Comment l’histoire coloniale influence encore notre monde actuel ? La question est au cœur de cette nouvelle exposition à la Maison de l’Histoire européenne, le musée financé par le Parlement européen. Elle revient sur le basculement qui a démarré à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1945 et 1980, une vague de décolonisation déferle sur le monde, auparavant dominé par les puissances européennes. Plus de 80 pays se débarrassent de la tutelle occidentale pour gagner l’indépendance, parfois au prix de terribles conflits.

Mais cette période a-t-elle vraiment signifié la fin du pouvoir impérialiste des pays européens dans leurs anciennes colonies ? (...)

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 (Mediapart/abonnés)

À Bruxelles, l’UE se regarde enfin dans son passé colonial

Neuf ans après son ouverture, la Maison de l’histoire européenne à Bruxelles consacre une vaste exposition à l’impact de l’histoire coloniale sur les sociétés des Vingt-Sept. Et souligne les racines coloniales de l’Union – un tabou toujours vif au sein des institutions. (...)

BruxellesBruxelles (Belgique).– De l’Espagne à l’Allemagne, des pays membres de l’UE débattent depuis des années, plus ou moins crispés, du legs toxique de leur empire colonial. Mais l’exposition qui vient de s’ouvrir à Bruxelles, organisée par la Maison de l’histoire européenne, adopte un point de vue différent : elle se risque à une histoire transnationale de la période, convaincue que les Vingt-Sept doivent, ensemble, se confronter à cette période d’expansion et de conquêtes.

« Certains pays ne se sentent pas concernés par cette histoire. Ils font valoir qu’ils n’ont jamais eu, eux, de colonies, avance la Franco-Togolaise Ayoko Mensah, l’une des commissaires de la manifestation. Mais nous défendons l’idée que toute l’Europe est concernée par cette histoire. À travers par exemple les ramifications du commerce. Ou encore parce que le processus d’intégration européenne fut lié à l’histoire coloniale. » (...)

Surtout, la manifestation consacre un mur entier à un sujet décisif, mais encore tabou dans la bulle bruxelloise : l’« Eurafrique », ce concept géopolitique raciste surgi dans les années 1920, qui voudrait que l’Europe et l’Afrique aient un destin lié. (...)

cinq des six membres fondateurs de la Communauté économique européenne, en 1957, sont des puissances, ou d’anciennes puissances coloniales. « À l’époque, 90 % du territoire de la nouvelle organisation se trouve en Afrique », remarquent les commissaires. (...)

À l’heure où la droite et l’extrême droite s’allient de plus en plus fréquemment au sein du Parlement européen pour assécher toute initiative progressiste, la Maison de l’histoire européenne, elle, semble regarder ailleurs. « Nous sommes financés par le Parlement, mais notre indépendance académique est totale, insiste Ayoko Mensah. Notre travail repose sur la recherche historique, en lien avec un vaste comité d’experts, gage de notre sérieux. » (...)