Selon les chiffres du ministère italien de l’Intérieur, les migrants originaires du Mali, de Côte d’Ivoire ou de Guinée représentent moins de 10% des arrivées totales en Italie depuis le début de l’année. À l’inverse, les Bangladais et les Somaliens sont les premières nationalités à fouler le sol italien après la traversée irrégulière de la Méditerranée.
Et cette tendance n’est pas nouvelle. De moins en moins d’Africains de l’Ouest se rendent en Italie par voie maritime ces dernières années. Toujours selon le ministère italien, ils étaient ainsi 5 000 Maliens à débarquer dans le pays en 2023 puis 1 000 en 2025. On comptait aussi 18 000 Guinéens arrivés en Italie en 2023 contre 3 500 en 2024.
Les Ivoiriens aussi étaient nombreux à entreprendre la traversée irrégulière ces dernières années avant que leur nombre baisse drastiquement : 5 900 en 2022, 16 000 en 2023 puis quelques centaines en 2024. (...)
Pourquoi une telle chute des arrivés en Italie de ces ressortissants africains de l’Ouest ? Déjà, précisons que ces chiffres accompagnent une baisse générale des arrivées dans la péninsule ces derniers temps. Si 157 000 exilés avaient débarqué sur le sol italien en 2023, ils n’étaient plus que 66 000 en 2025, soit une chute de presque 60%.
Des accords conclus pour empêcher les traversées
En cause : les nombreux accords passés avec les pays de départs, notamment la Tunisie et la Libye - dont les côtes sont situées à moins de 400 km de Lampedusa - pour enrayer les traversées irrégulières de la Méditerranée.
À l’été 2023, Tunis et Rome ont scellé une alliance visant notamment à empêcher les personnes d’atteindre l’Europe. Un partenariat similaire avait aussi été signé entre l’Union européenne (UE) et la Libye en 2017. Depuis cette date, les gardes-côtes libyens sont chargés des interceptions de canots au large de leurs côtes en route vers les côtes européennes. (...)
Mais ces accords politiques ne sont pas les seules raisons expliquant la chute des arrivées des Africains de l’Ouest en Italie. Les politiques anti-migrants menées en Tunisie et en Libye ont également poussé les migrants à changer leurs plans, voire à abandonner leur projet de traversée.
"L’enfer" libyen et tunisien (...)