Après plus de 100 jours de grève, douze salariés en charge du nettoyage à l’hôtel Holiday Inn de Clichy (Hauts-de-Seine) ont enfin obtenu une première entrevue pour négocier avec la direction. « Nous n’avions jusque-là jamais réussi à avoir le moindre rendez-vous, détaille Claude Levy de la CGT hôtellerie (CGT HPE) qui soutient les grévistes depuis le lancement de la grève, aux côtés du syndicat CNT SO. Nous avons juste pu parler rapidement avec le sous-traitant entre deux portes. » Un sous-traitant, Héméra, qui a remporté, en décembre 2016, l’appel d’offre concernant le nettoyage, jugé vraiment « terrible » par Claude Lévy.
L’entreprise est accusée de ne pas payer les heures supplémentaires, d’imposer aux salariés des changements de planning de dernière minute, ainsi que des changements de lieux de travail alors même que beaucoup d’entre eux passent déjà de longues heures dans les transports en commun pour prendre leur poste. La quasi-totalité des salariés sont immigrés, ou d’origine immigrée. La plupart sont des femmes. Contacté par Basta !, le sous-traitant a signalé qu’il n’avait pas de commentaires à apporter au sujet de la grève (...)
Depuis trois mois, les salariés tiennent un piquet devant l’hôtel, par tous les temps. Ils ont aussi mené des actions dans les autres hôtels de la chaîne britannique InterContinental Hotels Group, qui détient la marque Holiday Inn, et possède plus de 5000 établissements répartis dans une centaine de pays. Les grévistes se sont par ailleurs rendus à Marseille et en Suisse pour raconter leur lutte. « Il y a eu plusieurs actions de solidarité, ajoute Claude Lévy, des gens amènent régulièrement des plats chauds au piquet et la caisse de grève fonctionne bien. »
En plus de la suppression de la clause de mobilité figurant dans leurs contrats – une clause qui prévoit que le lieu de travail puisse être modifié unilatéralement –, les grévistes demandent l’arrêt du paiement à la chambre nettoyée, et leur embauche directe par le donneur d’ordre, Holiday Inn. (...)