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République
Cet encombrant droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
par Anne-Cécile Robert
Article mis en ligne le 28 avril 2011
dernière modification le 26 avril 2011

Les révolutions tunisienne et égyptienne semblent avoir déstabilisé les chancelleries mondiales : elles ont tergiversé, ratiociné, se sont concertées pour ne rien dire ou faire. Pire, certaines, comme le Quai d’Orsay, ont offert leur soutien au dictateur mis en cause. A la décharge des gouvernements étrangers, l’effet de surprise et le manque de précédents récents dans les pays concernés pouvaient légitimement provoquer un moment de saisissement. Mais on peut aussi subodorer que l’irruption collective des peuples sur le terrain politique ne constitue pas une conjoncture plaisante pour quelque État installé que ce soit. En effet, la souveraineté populaire ne semble agréable aux yeux des puissants (même déguisés en « communauté internationale ») que lorsqu’elle vise des régimes honnis comme les systèmes dérivés du socialisme.

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a rencontré bien difficultés avant d’être admis dans les relations internationales. (...)

Certains commentateurs estiment désormais que le « triomphe » de la démocratie au Maghreb et au Machrek signe, cette fois, la fin de l’Histoire (Lire par exemple la tribune du politologue Jacques Rollet dans Le Monde du 1er mars 2011). Outre qu’on peut trouver lassante cette obsession de trouver la « fin de l’histoire » quand il faudrait pour cela qu’on ait enfin construit la société parfaite, la réaffirmation de la souveraineté des peuples du Sud laisse penser qu’il reste au moins encore une étape à franchir : la décongélation politique d’une Europe qui ne respecte plus ses peuples. Les vastes mouvements populaires restés sans suite dans de nombreux pays depuis 3 ans comme le non respect, en France, du vote du 29 mai 2005 montre qu’il est urgent d’ouvrir ce chantier.(...)
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