La centaine de collégiens internes à Maripasoula, commune fluviale à une heure d’avion de Cayenne, à la frontière avec le Suriname, sont issus de familles vivant à plusieurs heures de canot, dans les cinq villages wayana et teko du Haut-Maroni (sud-ouest de la Guyane), regroupant plus de 250 familles. Pour eux, la scolarisation est synonyme d’éloignement géographique, familial et culturel, souvent difficile à supporter.
Mais, depuis le conflit social qui a paralysé la Guyane pendant près de cinq semaines pour obtenir un rattrapage avec l’hexagone, la revendication d’un collège de proximité a refait surface.
A l’entrée d’Elahé, commune d’une centaine d’habitants à deux heures de Maripasoula, un panneau a été installé au débarcadère : Les parents réclament la fin de "l’orpaillage", source d’insécurité et de destruction de l’environnement, et "un collège" dans le village majeur de la zone, Taluen, à trente minutes en pirogue à moteur.
Une revendication déjà formulée en juin 2016 quand des enfants de Taluen avaient fait cette demande à François Hollande, à l’Elysée. Un rapport parlementaire sur les suicides des amérindiens préconisait déjà en 2015 "la création d’un +mini-collège+ à Taluen". (...)
Début mai, les villageois des cinq bourgs du Haut-Maroni, où manque toujours l’électricité, ont relancé, à Taluen, leur demande d’un collège.
Suite au conflit social, le gouvernement s’est engagé à verser "250 millions d’euros" à la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) pour la construction de notamment "cinq collèges" d’ici à 2022. Mais rien ne dit que Taluen fera partie du lot. "Le projet est à l’étude", répond la CTG.
Une demande ravivée par l’état d’abandon plus ou moins avancé des trois bâtiments de l’internat de Maripasoula, ouvert en 2010 sous le label "internat d’excellence".
Le bâtiment des 6e, que les parents d’élèves surnomment "la prison", manque d’entretien, a constaté l’AFP. Le bloc sanitaire chez les "garçons" est vétuste, l’ambiance générale, austère. (...)
Mais la création d’un collège plus proche ne règlera pas tout. "Il faudra des logements pour les enseignants, résoudre les questions des transports scolaires, qui se font par voie fluviale avec des passages périlleux, pour éviter les mêmes problèmes que dans d’autres villages isolés où des enseignants manquent à l’appel à chaque rentrée en partie à cause des mauvaises conditions d’hébergement", commente André Cognat, responsable du village d’Antécum Pata (...)