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Grain
L’accaparement des terres par les fonds de pension et les institutions financières doit cesser
Article mis en ligne le 3 juillet 2012
dernière modification le 30 juin 2012

Sous la pression des prix alimentaires croissants, de la demande accrue en agrocarburants, en matériaux bruts et en bétail nourri au grain, ainsi qu’en raison de la faible profitabilité des marchés financiers en déroute ; le nombre d’entreprises, de gouvernements et d’institutions financières privées et publiques qui s’engagent dans l’accaparement massif des terres dans les pays du Sud est en forte croissance, menaçant ainsi les moyens de subsistance et la souveraineté alimentaire d’innombrables communautés. Des millions d’hectares de terres ont été loués ou achetés au cours des dernières années, principalement pour produire des aliments ou du carburant destinés au marché international. Par conséquent, les paysans, éleveurs, pêcheurs et autres résidents ruraux sont dépossédés des moyens dont ils ont besoin pour se nourrir eux et leur communauté, que soit à la suite d’une promesse d’embauche, ou même parfois sous la menace d’un fusil. L’accaparement des terres entraîne également des changements dans l’utilisation des sols et de l’eau, qui causent alors des destructions écologiques et une augmentation des émissions liées aux changements climatiques.

Les fonds d’investissement, l’industrie agricole et les fonds souverains “investissent” de plus en plus dans les terres pour diversifier leur portefeuille de placement

(...) C’est pourquoi, les soussignées organisations de la société civile et associations notifient à ces fonds de pension et autres institutions financières publiques ou privées, ainsi qu’aux États qui sont en position de les réguler.[4] Les droits humains cités ci-dessus engageant ainsi les obligations extraterritoriales de ces États d’assurer, de toute urgence, que ces fonds et institutions :

 cessent toute spéculation sur les terres et tout autre investissement dommageable pour la chaîne alimentaire globale, y compris les transactions foncières et la participation financière dans l’industrie agricole, dans les cas où l’accaparement des terres ne peut pas être exclus ex ante, ainsi que les investissements dans des produits financiers complexes fondés sur des dérivés de biens alimentaires ou des terres agricoles ;

 divulguent publiquement tous les renseignements concernant le financement direct ou indirect des acquisitions de terres et autres transactions qui peuvent comporter une dimension d’accaparement des terres. Une telle divulgation doit reposer sur une analyse sérieuse de l’ensemble de la chaîne d’investissement, que les services financiers en question soit ou non officiellement affectés à l’acquisition foncière. Cela est nécessaire pour briser la culture du secret qui entoure une grande partie des ces transactions et pour permettre à toutes les parties concernées et aux groupes d’intérêt public d’entreprendre les actions nécessaires ;

 soient soumis à une évaluation préalable, obligatoire et indépendante des effets possibles des investissements et produits sur les droits/d’utilisation de la terre, les moyens d’existence, l’environnement ainsi que l’application progressive du droit à une alimentation suffisante. Ces évaluations doivent faire en sorte que les gestionnaires de fonds et autre institutions financières prouvent obligatoirement et en tout temps qu’ils n’ont aucun intérêt particulier dans des sociétés ou des opérations qui concernent l’accaparement des terres.

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