Les ouvrages sur les résistances sociales au travail, en lien avec les modifications des procès de production, les divisions sociales internes au salariat, les questionnements sur le mouvement syndical (dont modalités de structuration : syndicalisme d’entreprise, faiblesse de l’interprofessionnel, place des salariés en sous-traitance), se multiplient. Ces recherches sont alimentées par la renaissance des conflits et l’apparition de nouvelles formes de contestation sociale.
Hier invisibles, les précaires sont parfois à la pointe de la protestation, souvent en tant que salarié-e-s.
Centré sur les salarié-e-s précaires, les contributions analysent à la fois les luttes, les structurations et interrogent les pratiques syndicales visant à répondre à l’organisation de ces salarié-e-s peu ou pas représenté-e-s. (...)
Le livre « entend comprendre à la fois ce qui se défait sous l’impact du processus de précarisation, mais aussi ce qui se reconstitue, ce qui émerge via des expériences collectives d’organisation et de lutte. » Différents thèmes vont être abordés, dont la précarité professionnelle, les capacités d’action et de représentation collectives, les modalités d’assujettissement et de contrôle des classes populaires ou la fragilité des modèles de stabilisation salariale et les politiques syndicales.
Au centre des réflexions, la condition salariale comme relation de subordination et comme relation formelle libre, en regard de l’aspiration ouvrière à l’émancipation. « Loin des approches qui voient dans le précariat une réalité alternative au salariat, nous voudrions insister sur le fait que les différentes sources de précarité font partie intégrante de celui-ci et réfléchir, dès lors, à la façon dont la production de solidarités et de forme de stabilisation ont été des enjeux de lutte dans l’histoire du salariat. » (...)