Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
RFI
Argentine : la justice suspend partiellement la réforme du travail de Javier Milei
#Argentine #Milei #travail
Article mis en ligne le 31 mars 2026

Un juge argentin a suspendu partiellement, lundi 30 mars, la réforme du travail portée par le président ultralibéral Javier Milei et adoptée par le Parlement en février, après un recours de la principale centrale syndicale du pays.

La Confédération générale du travail (CGT), qui juge la loi inconstitutionnelle, avait saisi la justice quelques jours après son adoption, sur fond de manifestations et de grève générale en Argentine. Le magistrat a ordonné la suspension provisoire d’environ 80 articles sur plus de 200, dans l’attente d’une décision sur le fond.

« Nous saluons cette décision de justice comme une étape fondamentale dans la défense des droits » des travailleurs, a réagi la CGT, estimant que la réforme entraîne « une dégradation des conditions de travail et un affaiblissement de l’action syndicale ».

Parmi les dispositions suspendues figurent la qualification des travailleurs des plateformes comme indépendants, la fin du principe selon lequel le doute profite au salarié, des modifications du droit de grève et l’abrogation de la loi sur le télétravail. (...)

Le gouvernement de Javier Milei a annoncé qu’il ferait appel (...)

Atteinte au droit de grève

La CGT estime que le texte viole des principes fondamentaux comme la progressivité du travail, la liberté syndicale et la protection des salariés. Le gouvernement affirme au contraire vouloir moderniser l’économie et attirer les investissements.

Le juge a notamment suspendu la création d’un fonds permettant de remplacer les indemnités de licenciement par des comptes de capitalisation financés par des cotisations sociales. Il estime que ce mécanisme pourrait encourager des licenciements injustifiés et expose ces fonds à d’éventuels « mauvais investissements », au détriment de la sécurité sociale.

Il a également suspendu l’extension des catégories de « services essentiels » et « activités d’importance fondamentale », imposant un service minimum de 50% à 75% en cas de grève, une mesure que la CGT juge destinée à « priver les salariés de moyens d’action collective ». (...)


image : Haim Zach / Government Press Office of Israel, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons