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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Au procès du jihadiste Sabri Essid, le récit glaçant du calvaire d’une de ses victimes yézidies
#Yezidis #EI #genocide
Article mis en ligne le 20 mars 2026

Depuis le début de la semaine, les témoignages exceptionnels se succèdent au premier procès en France lié au génocide des Yézidis en Syrie par l’État islamique. Le jihadiste français Sabri Essid, cadre de l’EI, est présumé mort mais faute de preuves, il est jugé par défaut par la cour d’assise de Paris pour génocide et crimes contre l’humanité, et notamment l’asservissement de trois femmes yézidies et leurs enfants.

Deux des victimes de Sabri Essid sont venues témoigner à la barre ce jeudi 19 mars du calvaire qu’elles ont subi aux mains des jihadistes du groupe État islamique (EI), au milieu des années 2010, dont Aveen – le pseudonyme qu’elle s’est choisie) –, 32 ans. Aveen avait 20 ans, un mari maçon, une fille de 2 ans. « C’était une vie simple mais nous étions heureux », raconte-t-elle.

Replonger seule dans l’abime qui s’ouvre ce 3 août 2014, noir comme le drapeau de l’État islamique (EI) qui attaque alors son village du mont Sinjar, fief de la minorité yézidie en Irak, est trop éprouvant. Alors le président reprend ses mots aux enquêteurs, et ensemble, ils retissent le fil. La vaine tentative de fuite dans les montagnes, le tri des habitants, les exécutions, les plus jolies filles vierges distribuées comme butin ; les déplacements incessants, entassés dans des bus et à chaque escale, ces combattants qui viennent se servir en femmes, ses jeunes cousines, qu’elle ne reverra plus, tout comme son mari. (...)

Troquée contre une arme et une voiture (...)