Le travail est un lieu central pour faire face à la vague brune et empêcher la prise annoncée de l’appareil d’État. Pour le syndicalisme c’est la base que de partir du quotidien et du concret, d’échanger, de créer du rapport de force avec nos collègues. Il y a urgence à passer à la vitesse supérieure en termes d’actions et d’unité intersyndicale. Treize propositions pour aller dans ce sens.
Une partie de la force de l’extrême-droite c’est la banalisation de ses propos dans des espaces où il devient difficile voire impossible de contredire. Les idées déshumanisantes peuvent alors devenir majoritaires, banales. Là où l’influence de l’extrême-droite progresse, ce sont aussi les systèmes de dominations patriarcales, racistes, lgbtqiphobes et validistes qui se renforcent appuyant une déshumanisation croissante d’une partie de la population, principalement en France les étrangèr·es, les racisé·es, puis rapidement les “wokes”, les écologistes, les femmes, les LGBTQIA+, les handicapé.es, les syndicalistes…
Pour des millions de travailleuses et travailleurs, nous vivons au quotidien au travail des interactions qui, pour banales qu’elles puissent paraître, servent à forger nos opinions et nos comportements, nos sociabilités, y compris politiques. C’est là que le syndicalisme est essentiel. Il représente aujourd’hui la plus grande force sociale dans ce pays par son nombre d’adhérent.es, son implantation sectorielle et territoriale, ses formations… Il est un outil majeur de mobilisation, de victoires concrètes, de solidarité, d’émancipation, de socialisation positive. (...)
- En parler dans nos syndicats à toutes les échelles : il faut s’emparer de ce sujet et en faire un élément central de nos discussions. (...)
- Faire adhérer son syndicat à VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifasciste) et construire des VISA sur nos territoires, par exemple à l’échelle de départements (...)
- Renforcer le travail syndical concret et se réapproprier collectivement les questions qui divisent, qui sont instrumentalisées par l’extrême-droite, pour les dépasser. (...)
- Créer des espaces de discussions au travail sur des bases larges en partant de la défense des droits humains et des libertés démocratiques (...)
- Stopper la subvention de l’extrême-droite par les comités d’entreprises (...)
- Quitter les outils de la fascisation (...)
- pour migrer vers des espaces plus neutres en terme algorithmique (Bluesky) et/ou libres (Mastodon)…
- Travailler l’unité syndicale, y compris électorale : plus nous avançons ensemble, plus nous donnons confiance dans le syndicalisme aux travailleuses et travailleurs. (...)
- Faire reculer le désert syndical : l’existence de sections, l’implantation syndicale est un frein à l’expansion de l’extrême-droite..)
- Et si on imaginait une campagne unitaire de syndicalisation à porter ensemble pour aller en direction des travailleuses et travailleurs ? Ce serait un signal fort vers le monde du travail. (...)
- Adopter et développer la centralité d’une écologie protectrice pour les travailleuses et travailleurs, basée sur l’utilité sociale des modes de production et de consommation. La crise climatique et environnementale accélère l’urgence pour des transformations et bifurcations majeures. Nous devons nous en emparer de façon plus forte dans nos syndicats pour en faire un levier de convergences et de mobilisations et contrer les peurs, mensonges et les politiques climaticides entretenues en particulier par l’extrême-droite qui, dans un cercle vicieux, s’en alimente.
- Porter des revendications communes positives et unifiantes avec le mouvement social et la société civile (...)
- Mettre en place une relation indépendante avec les partis politiques progressistes (...)
- Affirmer notre solidarité inter-organisationnelle (...)
- Être capable d’impulser des luttes et d’utiliser ensemble l’ensemble des outils de mobilisation (...)
- S’unir et repasser à l’offensive (...)
Rien n’est écrit. Alors ni stupeur, ni résignation.
Que ce soit en pacte, en alliance ou en coalition nous avons l’impérieuse nécessité d’empêcher le pire. Nous pouvons faire la différence, et construire une alternative enviable. Et si ensemble on contre-attaque, on pourrait même y prendre goût et transformer l’urgence en force pour écrire une nouvelle page majeure de l’histoire du syndicalisme au profit des travailleuses et des travailleurs.