À bas bruit, le gouvernement français met en œuvre une politique qu’Elon Musk et son « département de l’Efficacité gouvernementale » ne désapprouveraient pas.
Après avoir réduit fortement le budget de l’Agence Bio et licencié sa directrice, diminué l’indépendance de l’ANSES, supprimé l’Institut national de la consommation qui édite le journal « 60 millions de consommateurs » et tenté de déstabiliser l’Office Français de la Biodiversité en remettant en cause certaines nominations jugées trop « militantes », c’est au tour de l’agence de la transition écologique (ADEME) d’être soumise à un « choc de simplification ».
Via un projet de loi supposé stimuler l’État local, le gouvernement propose de transférer un tiers des équipes de l’agence sous l’autorité unique du préfet. Sous couvert de mesures d’efficacité, cet établissement public dont la tutelle est actuellement assurée par le ministère de la Transition écologique passera donc dans le giron du ministère de l’Intérieur…
Quoi de plus évident pour conduire une politique écologique que le ministère de l’Intérieur !
L’intersyndicale du pôle ministériel de la transition écologique, réunissant la CGT, la CFDT, FO, l’UNSA, la FSU et le SNCTA, ne s’y trompe pas. La déclaration intersyndicale publiée le 28 avril par les six organisations affirme que l’article 7 de ce projet de loi transforme l’ADEME en « coquille vide institutionnelle, vidée de sa substance opérationnelle ».
Créée après le second choc pétrolier afin de permettre à l’État de conduire une politique de maîtrise de l’énergie, l’ADEME pourrait disparaître au pire moment qui soit : le troisième choc énergétique !
Par pure idéologie, ce gouvernement pense faire disparaître le problème en supprimant les agences écologiques ayant le démérite de poser un diagnostic objectif. « Cachez ce problème que je ne saurais voir… »
Chaque année, l’ADEME accompagne et soutient plus de 8 000 projets dans les territoires et fait ainsi vivre concrètement une politique écologique en soutenant les collectivités et artisans locaux engagés dans une transition écologique indispensable.
Les agences et établissements publics dédiés à la protection de la santé et la défense de la nature sont menacés.
Sans mobilisation citoyenne d’ampleur, ce sont 40 ans de lutte qui sont en passe d’être balayés.