La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux plaques commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.
Pour rappel, ces plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la langue française et au principe de clarté des inscriptions publiques.
Saisi après l’échec du recours devant le tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du point médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.
Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.
L’Académie monte au créneau (...)
« Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »
Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la légalité d’un usage précis, sans trancher le débat culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la norme, de la transmission et du long temps de la langue.
Retour sur une escalade de noms d’oiseaux (...)