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Marie-Claude Saliceti
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RFI
États-Unis : faut-il prolonger les pouvoirs de surveillance du FISA ?
#USA #FISA
Article mis en ligne le 9 mai 2026

Le texte-clé du renseignement américain, qui permet aux États-Unis de collecter de gigantesques masses d’informations à l’étranger sans mandat judiciaire, arrive à échéance. Au nom des libertés fondamentales des citoyens américains, sa prolongation provoque une levée de boucliers aussi bien chez les démocrates que chez les républicains du Congrès, ce qui pourrait forcer l’administration Trump à des concessions inédites autour de ce mécanisme crucial pour la sécurité nationale.

Ce dispositif qui devait à l’origine expirer le 20 avril et se voir renouvelé pour plusieurs années n’a pour l’instant obtenu qu’un sursis jusqu’au 14 juin, signe des tensions qu’il suscite au sein de la majorité républicaine.

Le FISA prévoit que la NSA (National Security Agency), l’immense cyber-agence américaine, puisse cibler des individus étrangers en dehors des États-Unis, très souvent par l’intermédiaire des fournisseurs de service américains. Lorsqu’elles sont réquisitionnées, toutes les sociétés du numérique qui hébergent des données, gèrent des communications ou contrôlent des infrastructures internet, comme Google, Meta, Amazon, Oracle, IBM ou les plateformes d’intelligence artificielle, ont l’obligation de fournir des informations sur les individus ciblés par les autorités américaines. (...)

« renseignement étranger utile aux États-Unis » , une notion très floue, qui inclut le terrorisme, l’espionnage, la prolifération nucléaire, les activités militaires, la diplomatie étrangère ou les intérêts économiques stratégiques.

Collecte accidentelle (...)

En vertu du 4ᵉ amendement de la Constitution, tout Américain devrait être protégé contre les saisies et les perquisitions abusives, ce qui signifie en clair que les forces de l’ordre doivent être munies d’un mandat. Or, la particularité du FISA, c’est qu’il n’intègre pas ces garanties constitutionnelles. Les grandes oreilles américaines attrapent tout et n’importe quoi à l’étranger, et tant pis si un Américain se retrouve pris dans la nasse. (...)

une large frange républicaine du Congrès associée aux démocrates pousse Mike Johnson, le patron de la Chambre des représentants, dans ses retranchements. Pour maintenir ce texte en vigueur, ces frondeurs exigent que les requêtes touchant aux citoyens américains soient assorties d’un mandat. S’ils parviennent à leurs fins d’ici à la mi-juin, ce serait l’une des très rares bonnes nouvelles sur le front des libertés individuelles aux États-Unis.