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France24
Haïti : les violences sexuelles systématiques "sèment la terreur" à Port-au-Prince, dénonce MSF
#Haiti #violencesSexuelles #femmes
Article mis en ligne le 18 mars 2026
dernière modification le 15 mars 2026

(...) Des agressions utilisées par les bandes criminelles pour "semer la terreur". Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté jeudi 29 janvier contre la systématisation des violences sexuelles à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti.

Le document s’appuie sur dix ans de données médicales et témoignages collectées au sein de la clinique Pran Men’m, une structure créée par l’organisation en 2015, et spécialisée dans la prise en charge des victimes de ces violences.

Ces données révèlent selon MSF que depuis 2021, les victimes de ces violences ont "presque triplé". Elles sont passées "d’une moyenne de 95 admissions mensuelles en 2021, à plus de 250 en 2025", explique Diana Manilla Arroyo, cheffe de mission de MSF en Haïti, citée dans un communiqué.

Selon elle, cela "démontre à quel point l’explosion de la violence de ces dernières années en Haïti, a eu des répercussions directes sur le corps des femmes et des filles de Port-au-Prince".

Femmes et filles de tous âges prises pour cible

Haïti, et en particulier sa capitale, subissent depuis de nombreuses années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. (...)

La situation s’est même aggravée depuis début 2024, quand le Premier ministre de l’époque Ariel Henry a été poussé à la démission par ces groupes armés. (...)

En outre, il établit que depuis 2022, 57 % des victimes ont déclaré avoir été agressées par des membres de groupes armés, souvent dans le cadre d’agressions collectives. Plus de cent patients et patientes ont déclaré avoir été agressés par dix auteurs ou plus à la fois. (...)

MSF indique aussi souvent être dans l’incapacité d’orienter ses patients vers des refuges sûrs, des solutions de relocalisation ou un appui à la subsistance, "pourtant indispensables à une prise en charge complète".

Dans son rapport, MSF appelle les acteurs chargés de la sécurité opérant à Port-au-Prince à reconnaître que ces violences "sont utilisées comme armes contre la communauté", et à former leur personnel aux questions de violences sexuelles et aux méthodes à appliquer "pour assurer un aiguillage digne et éthique vers les services médicaux et autres programmes de soutien".

Depuis dix ans, la clinique Pran Men’m a fourni des soins médicaux et psychosociaux complets à près de 17 000 personnes, dont 98 % de femmes et de filles.