Dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’immigration à la frontière franco-britannique, les associations de défense des personnes exilées ont été auditionnées jeudi 26 mars. Elles ont unanimement condamné la politique répressive et l’impasse dans laquelle se trouvent les personnes coincées entre les deux pays.
Une politique répressive qui met en danger les personnes exilées. C’est ce que décrivent d’une même voix les associations qui interviennent à la frontière franco-britannique. Cinq d’entre elles étaient auditionnées jeudi 26 mars par la Commission d’enquête parlementaire, chargée d’un travail de six mois afin de faire le point sur l’action publique menée sur le littoral. Toutes les personnes interrogées ont dépeint un tableau très sombre, celui d’un territoire rendu de plus en plus inhospitalier et de conditions de survie catastrophiques à la frontière.
Dans le viseur de l’ONG Human Rights Observer (HRO), la politique zéro point de fixation : 10 ans d’expulsions quasi quotidiennes des lieux de vie. Des méthodes qui ne découragent pourtant pas les exilés. (...)
« Ce n’est pas une impasse, c’est une souricière »
Cette politique n’a qu’un seul effet, d’après l’association Utopia 56, elle aussi auditionnée, celui de mettre en danger davantage les exilés. Une représentante de l’association a listé devant les parlementaires : « Des pneumatiques qui vont être percés avant leur mise à l’eau, la dispersion de groupes de personnes par la police en tenue antiémeutes qui fait un usage de gaz lacrymogène, de grenades de désencerclement, de coups de tonfa, le tout depuis des 4x4 ou des buggys lancés à vive allure au milieu des personnes sur les plages. » Des enquêtes préliminaires sont d’ailleurs en cours à l’encontre des forces de l’ordre après des interventions sur des bateaux chargés de passagers déjà mis à l’eau.
La seule solution pour Claire Millot, de l’association Salam, viendra d’un changement de législation. (...)
image : NordNordWest, CC BY-SA 3.0 DE, via Wikimedia Commons