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Migreurop/Communiqué AMDH, 15 janvier 2026
 : l’État marocain et le HCR doivent garantir les droits fondamentaux des exilé·e·s au Maroc
#Maroc #HCR #exiles #immigration #droitinternational
Article mis en ligne le 22 janvier 2026
dernière modification le 19 janvier 2026

Migreurop relaye ici le communiqué de L’Association Marocaine des Droits Humains qui suit avec une vive préoccupation la mobilisation qui continue depuis le 6 janvier 2026, menée par des réfugié·e·s et demandeur·euse·s d’asile devant le siège du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugié·es à Rabat pour dénoncer la détérioration des conditions d’accueil des exilé·e·s au Maroc. Le réseau Migreurop soutient l’AMDH qui appelle à une action urgente du HCR et de l’Etat Marocain pour accéder à leurs revendications et respecter leurs droits.

Communiqué de l’Association Marocaine des Droits Humains (section de Rabat), le 15/01/2026

Depuis le début de l’année 2026, l’Association Marocaine des Droits Humains (section de Rabat) note que le siège du HCR connaît désormais des rassemblements de protestation quasi quotidiens, que ce soit de la part de réfugié·e·s soudanais·e·s, yéménites ou d’autres nationalités, réclamant l’accélération des procédures de réinstallation, l’amélioration des conditions d’accueil et le traitement des dossiers en suspens, sans qu’aucune réponse concrète ou solution durable ne soit enregistrée.

Les manifestant·e·s dénoncent la détérioration de leurs conditions de vie, de la santé et sociales, la faiblesse de l’aide financière et le manque d’accès à celle-ci, et les retards dans les procédures administratives liées à leurs dossiers. Le contexte de détérioration sociale a même entraîné une tentative de suicide d’un demandeur d’asile de nationalité yéménite devant la porte du HCR le 6 janvier, reflétant un état de désespoir profond et de pression psychologique intense. Cette situation inquiétante illustre le degré extrême de détresse et de fragilité mentale auquel sont réduit·e·s de nombreux·ses demandeur·euse·s d’asile, abandonné·e·s dans un vide administratif, sans réponses à leurs questions ni assistance psychologique.

Sur la base de ce qui précède, l’Association Marocaine des Droits Humains :

1. Exprime sa profonde inquiétude face à la détérioration grave de la situation des réfugié·e·s et demandeur·euse·s d’asile au Maroc.
2. Tient le HCR responsable des retards dans le traitement des dossiers et de la faiblesse des mécanismes de soutien et de protection.
3. Exige une augmentation urgente du montant de l’aide financière et l’élargissement de la base des bénéficiaires.
4. Appelle à garantir les droits fondamentaux des réfugiés, notamment le droit à la santé, au logement et à l’éducation, avec une attention particulière aux enfants.
5. Demande à l’État marocain, dans le cadre de ses engagements internationaux, de renforcer les mécanismes de protection et de soutien en faveur des réfugié·e·s et demandeur·euse·s d’asile ainsi que de garantir les droits fondamentaux de toutes les personnes migrantes.
6. Insiste sur la nécessité d’une prise en charge sérieuse et responsable des situations psychologiques fragiles des demandeurs d’asile, afin d’éviter la répétition d’incidents tragiques portant atteinte au droit à la vie et à l’intégrité physique.

En conclusion, l’Association Marocaine des Droits Humains affirme que la poursuite du mépris des revendications des réfugiés et leur abandon dans des conditions inhumaines constituent une violation flagrante du droit international des droits humains et du droit international humanitaire, et appelle à une action urgente et responsable mettant fin à la souffrance de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile au Maroc.