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"Les femmes exilées voient leurs droits bafoués tous les jours" : l’ONG Solidarités international dénonce le quotidien des migrantes sur le littoral nord de la France
#migrantes #Manche
Article mis en ligne le 8 mars 2026

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, l’ONG Solidarité international dresse un constat alarmant de la situation des exilées qui survivent dans les campements du nord de la France. Dans un rapport publié jeudi 5 mars, qui s’appuie sur des témoignages de femmes migrantes et sur le travail des associations de terrain, l’ONG dénoncent des "carences massives, des risques sanitaires, des violences basées sur le genre et l’absence de dispositifs publics adaptés". Entretien avec Pauline Pruvost-Czapek, porte-parole de Solidarités international.

(...) Pauline Pruvost-Czapek : Les conditions de vie des femmes sur le littoral nord sont extrêmement précaires. Elles sont totalement invisibilisées par les pouvoirs publics et subissent une double discrimination : la première car elles sont exilées, et la deuxième en raison de leur genre.

À travers cet "observatoire" [le rapport "Eau et hygiène : l’urgence invisible que vivent les femmes exilées dans le littoral nord" a été publié jeudi 5 mars, ndlr], on veut mettre en avant la situation de ces femmes. Lorsqu’on parle du 8 mars et de la journée internationale des droits des femmes, on ne pense pas à ceux des exilées. Or, comme n’importe quelle femme, elles ont des droits et leurs droits à la santé, à la dignité, à la sécurité, à l’accès à l’eau… sont bafoués tous les jours. (...)

Depuis fin 2025 dans le Dunkerquois, certains services ont été mis en place par l’État suite à une action en justice des associations. Une soixantaine de douches ont été installées dans la région [notamment dans le camp de Loon-Plage où vivent des centaines de personnes, ndlr] ainsi que des toilettes. On s’en félicite même si cela arrive trop tard.

À Calais, la distance moyenne pour accéder à un point d’eau est d’1km39. Il faut donc que les exilées marchent une vingtaine de minutes pour obtenir de l’eau, un besoin vital.

Grâce à des associations, des femmes peuvent se doucher mais certaines ne se lavent pas pendant plusieurs jours, d’autres le font avec l’eau des rivières alentours. (...)

Les conséquences sont nombreuses. En premier lieu, il y a des risques d’infections. Garder une serviette hygiénique pendant plusieurs jours peut être dangereux. Avec un tampon, on peut faire un choc toxique.

Le manque d’hygiène, comme des vêtements tachés à cause des menstruations, affecte aussi la dignité et joue sur la santé mentale des femmes.

Beaucoup de personnes rencontrées évoquent un sentiment d’épuisement et de stress. Les femmes en famille doivent assumer leurs propres besoins et ceux de leurs enfants, ce qui accentue leur fragilité. Et la plupart ont vécu des violences par le passé, pourtant elles ne bénéficient d’aucune prise en charge psychologique. (...)