Des microplastiques, il y en a partout. C’est désormais connu. Y compris dans le plus reculé des océans. Mais il n’y a pas que cela d’inquiétant dans nos mers. Des chercheurs publient aujourd’hui des chiffres qui font vraiment froid dans le dos.
(...) Une analyse non ciblée de milliers d’échantillons
L’une des analyses chimiques de nos océans les plus complètes jamais menées. Et ce qu’elle révèle, malheureusement, c’est l’omniprésence dans le milieu marin de produits chimiques d’origine humaine. Des additifs plastiques Chaque année, la production mondiale de plastique augmente. En 2016, elle frôlait les 350 millions de tonnes. © skeeze, Pixabay, CC0 Creative Commons
, des lubrifiants Le secteur de l’automobile est un grand consommateur de lubrifiants. © Gilles Péris y Saborit, Flickr, CC by-nc 2.0
industriels, des produits pharmaceutiques ou encore des pesticides. Dans la revue Nature Geoscience, les chercheurs soulignent que beaucoup de ces substances les plus abondantes et les plus répandues étaient, jusqu’ici, rarement contrôlées. « Qui cherche trouve ! » (...)
Pas que des plastiques dans nos océans
« Depuis des décennies, les scientifiques suivent la trace des débris plastiques flottant à la surface des océans et mesurent la hausse des températures, signe du changement climatique, remarque Daniel Petras, professeur adjoint de biochimie, dans un communiqué de l’université de Californie à Riverside. Mais une autre empreinte humaine, largement invisible, s’accumule dans les mers : des milliers de substances chimiques de synthèse. Même dans des endroits que nous considérons comme relativement préservés, nous avons trouvé des traces chimiques évidentes de l’activité humaine. L’ampleur de cette influence est surprenante. »
Les polluants les plus répandus se révèlent être des produits chimiques industriels (...)
Dans les estuaires, les analyses révèlent jusqu’à 76 % de composés de synthèses parmi les substances retrouvées. Mais ce n’est pas le plus alarmant, selon les chercheurs. Ce qui les inquiète vraiment, c’est la proportion de 0,5 % à 4 % de ces composés en haute mer. (...)
C’est d’autant plus préoccupant que certaines classes de polluants, comme les tristement fameux PFAS, ne peuvent pas être détectés par la méthodologie actuelle. D’autres ne figurent pas encore dans les bases de données Base de données
de référence utilisées pour identifier les substances chimiques présentes dans les échantillons. La couverture géographique laisse, elle aussi, encore à désirer. Quasiment aucun échantillon analysé ne venait d’Asie du Sud-Est ou d’Inde. (...)
Des conséquences potentiellement dramatiques sur la vie (...)
La bonne nouvelle, parce qu’heureusement il y en a une, c’est que des matériaux plus sûrs sont possibles. Ils existent déjà. Et ils pourraient nous prémunir d’une crise non seulement environnementale, mais aussi sanitaire majeure. Alors qu’attendons-nous ?
image : Esthee2010, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons