La Chine poursuit l’expansion de sa présence dans les infrastructures portuaires à travers le monde. Officiellement, ces investissements visent à soutenir le commerce international et les Nouvelles routes de la soie. Mais certains projets suscitent aussi des interrogations sur leur potentiel usage stratégique ou militaire. Le cas du port de Khalifa, aux Émirats arabes unis, illustre ces préoccupations.
(...) en 2021, le port est devenu un sujet de tensions géopolitiques. Les services de renseignement américains ont affirmé que la Chine y construisait une installation militaire secrète. Des images satellites montraient des travaux susceptibles de correspondre à une infrastructure militaire.
Washington a averti Abu Dhabi qu’une présence militaire chinoise pourrait remettre en cause sa coopération stratégique avec les États-Unis, notamment en matière de défense. Les travaux auraient finalement été suspendus sous pression américaine. Pour de nombreux analystes, l’épisode illustre la crainte que certains ports développés par la Chine puissent être conçus pour un usage dual, à la fois commercial et militaire.
Une présence portuaire massive en Afrique (...)
La présence chinoise est particulièrement forte en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est, des régions stratégiques pour les routes maritimes reliant l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient.
Ces investissements s’inscrivent dans l’initiative des Nouvelles routes de la soie, qui vise à renforcer les infrastructures de transport et les corridors commerciaux reliant l’Asie à l’Afrique et à l’Europe. Dans de nombreux cas, les ports sont également reliés à des projets ferroviaires et routiers construits par des entreprises chinoises, facilitant l’exportation de ressources naturelles comme le cuivre, le cobalt ou le pétrole.
Des infrastructures commerciales… mais à potentiel stratégique
La grande majorité de ces ports restent aujourd’hui des infrastructures commerciales. Mais certains experts soulignent qu’ils pourraient aussi, à terme, accueillir des activités militaires.
La Chine dispose déjà d’une base navale à Djibouti, ouverte en 2017, sa première installation militaire permanente à l’étranger. Selon plusieurs analyses, d’autres ports africains – comme Lekki au Nigeria, Mombasa au Kenya, Walvis Bay en Namibie ou Dar es-Salaam en Tanzanie – pourraient servir de points d’appui logistiques pour la marine chinoise. (...)