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Pourquoi l’Iran transforme "l’oasis de prospérité et de stabilité" Dubaï en "zone de guerre"
#Iran #USA #Israel #Dubai #EmiratsArabesUnis
Article mis en ligne le 8 mars 2026
dernière modification le 5 mars 2026

La République islamique iranienne, cible d’une double offensive israélo-américaine, semble concentrer ses représailles dans les pays du Golfe sur les Émirats arabes unis, visés quotidiennement depuis samedi par des missiles et des drones iraniens. Décryptage avec Karim Sader.

Si Téhéran assure viser des cibles militaires américaines dans la région, depuis plusieurs jours les images de panaches de fumée s’élevant au-dessus des gratte-ciels et des hôtels de luxe de Dubaï, mégapole de près de 4 millions d’habitants, et des dégâts infligés aux aéroports émiratis, tournent en boucle sur les réseaux sociaux. (...)

Selon Karim Sader, consultant spécialiste des pays du Golfe, les Émirats arabes unis incarnent "une cible particulièrement importante" - 137 missiles et 209 drones rien que samedi - alors même qu’elle n’abrite pas "d’intérêts américains directs" majeurs, contrairement à l’Arabie saoudite, Bahreïn, siège de la 5e flotte américaine, et le Qatar, où se trouve la base américaine d’Al-Udeid, la plus grande de la région.
Une "cible légitime" pour Téhéran

"En plus d’être une cible à portée de main pour les Iraniens, qui leur permet de manifester leur capacité de nuisance dans une zone particulièrement liée à l’économie du Golfe, les Émirats arabes unis sont signataires des accords d’Abraham et ont normalisé leurs relations avec Israël, rappelle-t-il. Ce qui rend cette cible, aux yeux de Téhéran, totalement légitime". (...)

il s’agit du pays signataire qui a été le plus loin dans le rapprochement avec Israël. (...)

En outre, selon Karim Sader, la République islamique espère que "les conséquences économiques désastreuses de sa riposte dans le Golfe en général, et sur les Émirats arabes unis, en particulier", vont créer un "levier de pression" pour les monarchies de la région sur leur allié américain.

"Avec l’intensification des attaques vers les pays du Golfe se dessine davantage une sortie de crise par la voie diplomatique qui se traduirait par des pressions de ces monarchies envers à la fois les États Unis, mais aussi Israël. En frappant son allié émirati, l’Iran cherche à pousser MBZ à tempérer l’escalade contre la République islamique", estime-t-il.
Le parapluie sécuritaire américain en question

De fait, les pays du Golfe sont finalement confrontés "au scénario qu’ils redoutent depuis des décennies, à savoir le cauchemar d’une réplique iranienne qui vise leurs territoires", souligne Karim Sader.

L’allié américain qui a placé sous son parapluie sécuritaire l’ensemble des pays de la région, de par sa présence militaire physique, dans les bases, et à travers les contrats mirobolants de ventes d’armement, n’empêche pas l’Iran d’attaquer tous azimuts les pétromonarchies du Golfe. (...)

Jusqu’ici, aucun des pays du Golfe n’a répliqué aux attaques de missiles et de drones, laissant les États-Unis et Israël à la manœuvre. (...)