Le président américain Donald Trump a proposé la création d’un "Conseil de paix" qu’il présiderait lui-même. Selon une charte obtenue par l’AFP, les États souhaitant un siège permanent devront verser plus d’un milliard de dollars. Initialement pensé pour Gaza, il viserait plus largement la résolution des conflits mondiaux, en concurrence avec l’ONU
Un "Conseil de paix" sous contrôle de Donald Trump ? Le président américain veut créer un "Conseil de paix" à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une "charte" dont l’Agence France-Presse (AFP) a obtenu une copie lundi 19 janvier.
De quoi s’agit-il exactement ?
Depuis ce week-end, plusieurs pays ont affirmé avoir reçu une invitation pour y participer, dont la France, l’Allemagne ou le Canada, mais aussi bien au-delà des alliés traditionnels des États-Unis, puisque le Kremlin a dit lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à "se joindre à la composition du Conseil de paix".
Mais le projet de "charte" révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza et semble en faire un véritable substitut aux Nations unies. (...)
Le texte de huit pages critique d’emblée les "approches et institutions qui ont trop souvent échoué", dans une allusion claire à l’ONU, et appelle à avoir "le courage" de s’en "écarter". Il souligne d’ailleurs "la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace".
Qui le dirigera ?
Donald Trump sera le "premier président du Conseil de paix", dont les pouvoirs prévus sont très étendus : il est seul habilité à "inviter" d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer et peut révoquer leur participation, sauf en cas de "veto par une majorité des deux-tiers des États membres".
Aussi, son mandat ressemble à une forme de présidence à vie. Il peut se "désigner un successeur" à "tout moment" et ne peut être remplacé qu’en cas de "démission volontaire" ou d’"incapacité" constatée à l’unanimité du "conseil exécutif" de l’organisation, formé à sa propre discrétion.
Si les décisions sont prises à la "majorité des États membres", qui ont chacun "une voix", elles sont aussi "soumises à l’approbation du président", ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l’agenda. (...)
Le roi du Maroc, Mohammed VI, a lui accepté l’invitation en tant que "membre fondateur", a annoncé la diplomatie marocaine. (...)
La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU a elle déclaré qu’elle n’entendait "pas donner (de) suite favorable" à ce stade. Cette initiative "soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause" (...)
"Le Canada ne va pas payer pour un siège au Conseil", a réagi une source au sein du gouvernement canadien, précisant toutefois qu’"aucune demande en ce sens" n’avait "été faite pour le moment" et que le Premier ministre Mark Carney continuait d’avoir "l’intention d’accepter l’invitation". (...)
Le gouvernement allemand a quant à lui exprimé la nécessité de se "coordonner" avec ses partenaires. (...)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles. (...)
Selon la "charte" du "Conseil de paix", elle est censée "entrer en vigueur" quand "trois États" seulement l’auront signée.