La ligne d’écoute et d’orientation pour les femmes victimes de violence, qui enregistre un nombre d’appel record en 2025, doit aussi gérer des coups de fil « malveillants ».
(...) Ces « appels malveillants vis[ent] à parasiter la ligne et rendre son accès plus difficile pour les femmes victimes » (...)
Des propos injurieux ou obscènes adressés aux écoutantes
Si ces attaques « ne sont pas nouvelles » et existent « depuis [la] création » du numéro, « force est de constater qu’elles ont évolué au fil des années et son aujourd’hui bien plus structurées et coordonnées que par le passé », dénonce-t-elle. En janvier 2025 déjà, la FNSF avait constaté une « coordination » et une « structuration » des actions malveillantes.
Ces dernières peuvent peser lourd sur le moral des écoutantes qui répondent au téléphone, qui font parfois face à des propos injurieux, orduriers ou obscènes. Certains appelants contactent aussi le 3919 pour lui « reprocher » d’être « une ligne nationale dédiée aux femmes », rapporte Eda, une chargée de pré-accueil citée dans l’article Ouest-France.
Comme le rappelle BFMTV, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait également dénoncé en février les actes malveillants contre le 3919, soulignant qu’elles ne sont pas « des faits isolés ». « Elles s’inscrivent dans un contexte plus large de montée en puissance de la menace masculiniste, organisée, décomplexée, qui s’attaque frontalement aux politiques d’égalité, aux associations féministes et aux dispositifs de protection des femmes », avait-il déploré lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. (...)
Les femmes qui appellent font souvent état de deux ou trois formes de violences cumulées. « Le métier des écoutantes évolue, rapporte Mine Günbay, elles écoutent de plus en plus souvent des témoignages lourds, évoquant des actes de tortures et de barbarie. » (...)