Lors de sa journée consacrée à l’examen de ses propositions de loi, l’extrême droite n’a réussi à rallier personne. Et ce, malgré un choix de textes plus consensuels et plus éloignés ses obsessions habituelles.
« On ne fabrique pas la démocratie avec ceux qui veulent en éteindre la lumière. » Celle qui s’exprime ainsi est la députée communiste des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, et en une formule, elle vient de résumer des heures et des heures d’un débat stérile. Il est 22 heures passées jeudi 12 janvier, à l’Assemblée nationale le marathon touche presque à sa fin. Sans vainqueur réel, mais avec 89 vaincus : les députés Rassemblement national (RN).
Ce jeudi était jour de « niche parlementaire », où une fois par an un groupe politique peut décider de mettre ses propositions de loi à l’ordre du jour. Le RN avait tenté d’amadouer ses collègues et de mettre à mal le cordon sanitaire érigé autour de lui, même si celui-ci est déjà bien ébranlé depuis le mois de juin, avec notamment la désignation de deux vice-présidents de l’Assemblée issus de ses rangs et de plusieurs députés d’extrême droite pour présider des groupes d’amitié.
À l’ordre du jour donc : un texte proposant d’inciter les patrons à augmenter leurs salariés de 10 % en échange d’une exemption de cotisations patronales, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), un droit de visite des parlementaires dans les centres sociaux et médico-sociaux, l’instauration d’un uniforme à l’école, l’instauration de la proportionnelle intégrale pour les législatives.
En d’autres termes, le RN avait pris soin de ne pas coller à ses obsessions comme l’immigration, la sécurité ou l’anti-wokisme (...)
Il s’agissait enfin de tendre des pièges aux autres groupes : la proportionnelle a été défendue par La France insoumise ou le MoDem ; l’uniforme à l’école par Les Républicains ; la hausse des salaires par l’ensemble de la Nupes. Le RN avait même tenté il y a quelques semaines de reprendre telle quelle la proposition insoumise de réintégration des soignants non vaccinés avant que LFI retire son texte, ou bien de récupérer celui déjà adopté au Sénat sur les violences faites aux femmes que la majorité a mis in extremis à l’ordre du jour d’une session ordinaire la semaine prochaine.
Tout cela n’a pas fonctionné et le RN a terminé sa journée avec un zéro pointé. (...)