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Civitas tente de rétablir le délit de blasphème en attaquant les Femen, et c’est toujours avec vos impôts !
Article mis en ligne le 23 janvier 2014

Le 18 novembre 2012, en pleine manifestation des intégristes catholiques de Civitas contre l’homosexualité, les Femen ont tenté de faire un des happenings dont elles seules ont le secret. Les nervis de l’institut d’extrême droite s’étaient alors déchaînés dans une violence incroyable aux cris d’un abbé les appelant à montrer à ces femmes leur virilité1. Non contents de s’en prendre aux activistes, ils s’étaient attaqués dans la foulée à des journalistes, dont Caroline Fourest.

Nous avions lancé une pétition et écrit au ministre du Budget d’alors, Jérôme Cahuzac, pour proposer une alternative : puisque Civitas s’était auto-proclamé d’intérêt général, sans qu’aucune décision de l’administration fiscale n’intervienne, et qu’à ce titre, il fait des appels aux dons aux particuliers et aux entreprises en leur promettant des reçus afin de les défiscaliser, il suffit que l’administration fiscale fasse respecter la règle et sanctionne Civitas. Car c’est bien d’argent public qu’il s’agit, ce financement constituant une dépense fiscale pour l’Etat.

Las ! Malgré 12000 signataires, malgré le soutien de plusieurs députés, dont certains ont déposé des questions écrites à l’Assemblée Nationale2, le ministre du Budget n’a pris aucune décision pour faire cesser cet abus : considère-il qu’un groupuscule violent répond au critère d’intérêt général ?

Civitas continue donc ses méfaits avec nos impôts, pire, l’institut a osé porté plainte pour, « délit d’injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, en l’espèce, la religion catholique, en s’exposant dans un lieu public à l’occasion d’une manifestation organisée par et regroupant des associations catholiques, le dos et le torse nus sur lesquels étaient peintes les inscriptions « In gay we trust » et tenant à la main un aérosol sur lequel était inscrit « Holy Sperm » ; les dites inscriptions représentant des expressions outrageantes, termes de mépris ou invectives à l’encontre des catholiques et ne refermant l’imputation d’aucun fait ». Eloïse Bouton, une des deux Femen convoquées chez le juge, a rendu publique sa convocation qui est consultable en ligne. Cette plainte avait été déposée peu après la manifestation par le fameux Maître Triomphe. (...)

Qu’il y a-t-il d’injurieux à dire ou à écrire « En l’homosexualité nous croyons » ? « Sperme sacré » ? Détourner des expressions américaines qui l’ont été des millions de fois, est-ce un délit ? Est-ce parler d’homosexualité devant des catholiques qui serait injurieux ? Est-ce le retour du délit de blasphème ? N’est-ce pas plus insultant pour les catholiques de voir des personnes se réclamant de la même religion se comporter avec autant de violence et un abbé appeler au viol punitif ? (...)