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Le Monde
Le Défenseur des droits relève les « défaillances » du système d’amendes de stationnement
Article mis en ligne le 14 janvier 2020

Depuis 2018, il faut avoir préalablement payé le « forfait post-stationnement » pour contester une amende. Un système « inégalitaire et inefficace », selon Jacques Toubon.

Le Défenseur des droits recommande de supprimer l’obligation de payer les contraventions de stationnement avant de pouvoir les contester, dans un rapport publié mardi 14 janvier qui relève « les défaillances » du nouveau système des amendes.

Une réforme, entrée en vigueur en janvier 2018, laisse aux municipalités la gestion du stationnement. Depuis, il est obligatoire pour qu’un recours soit reçu par la Commission de contentieux du stationnement payant (CCSP) de payer au préalable le « forfait post-stationnement » – FPS, le nom officiel des amendes. (...)

Auparavant, la contestation de l’avis de contravention, qui se faisait devant un simple officier du ministère public et non pas devant cette nouvelle juridiction administrative, entraînait la suspension provisoire de l’amende. (...)

Lire aussi :

EXCLUSIF - Kafkaïen, « inégalitaire et inefficace », le nouveau système accuse un taux de recouvrement de seulement 20 %.

C’est un rapport accablant contre la réforme du stationnement payant que rend ce mardi le Défenseur des droits, Jacques Toubon. Dans un document de 58 pages que Le Figaro s’est procuré, ce dernier passe en revue tous les dysfonctionnements que subit l’automobiliste depuis l’entrée en vigueur de la réforme, il y a tout juste deux ans. (...)
« Ce nouveau système est théoriquement intelligent. Mais il se révèle illisible, inégalitaire et inefficace. C’est Kafka à l’ère du numérique. Par ailleurs, le taux de recouvrement des FPS, qui n’est que de 20 %, n’est pas meilleur qu’avec les amendes pénales qui existaient avant », insiste Jacques Toubon (...)

Le Défenseur des droits souligne « les difficultés d’imposer un tel paiement dans certaines situations spécifiques », comme par exemple les victimes d’une usurpation de plaque, d’un vol de véhicule ou dont la cession n’aurait pas été enregistrée. Les automobilistes peuvent dès lors être contraints « de payer des sommes importantes, pour faire valoir leurs droits devant la CCSP, laquelle en cas de majoration est alors l’unique recours ».

L’autre solution préconisée, outre la suppression de l’obligation préalable de payer, est de prévoir des exonérations, notamment pour les personnes en situation de handicap dispensées de la redevance de stationnement ou encore vulnérables financièrement.

D’une manière générale, le rapport critique l’opacité et la complexité du nouveau système, qualifié de « chemin de croix ».

Le Défenseur des droits recommande également la création d’un guichet physique (...)