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« Vert de rage » : l’histoire oubliée des classes populaires qui luttaient, déjà, pour l’écologie
#ecologie #luttesPopulaires #memoire
Article mis en ligne le 17 juin 2026
dernière modification le 14 juin 2026

Dans « Vert de rage », François Jarrige retrace deux siècles de combats environnementaux en France. Son livre rappelle que nous, écologistes, sommes les héritiers de la colère populaire contre un monde de machines et de profits.

Quel est le moteur de la pensée écologique ? Les luttes. Qu’est-ce qui a fait avancer la bataille environnementale ? Les luttes. De quoi sommes-nous aujourd’hui les héritiers ? Les luttes, encore et encore.

C’est un salutaire travail que le dernier livre de François Jarrige Vert de rage (éd. du Détour). De manière vive et accessible, l’historien retrace deux siècles de combats environnementaux en France. Deux siècles de bras de fer, de mobilisations populaires, de révolte et de désobéissance civile. Deux siècles de subversion créatrice, d’insoumission débordante où des habitants et des habitantes, des paysans et paysannes, des ouvriers et des ouvrières se sont soulevés pour défendre leur terre et leur condition concrète d’existence.

« Contre une lecture dépolitisante de l’écologie » (...)

Nous sommes aussi issus de la sueur et de la dépossession, de la contamination et de la violence. Nous sommes les héritiers de cette colère populaire, celle des damnés de la terre que l’on a spoliés pour construire notre monde de machines et de profit. (...)

Les travaux de François Jarrige — avec d’autres historiens d’ailleurs (Steve Hagimont, Christophe Bonneuil, Laure Teulière, Thomas Le Roux, Jean-Baptiste Fressoz, Renaud Bécot, Alexis Vrignon etc.) — viennent pallier un manque. Ils brisent cette petite musique que l’on entendait trop souvent et qui dénigrait les origines historiques de l’écologie, en voyant, dans les appels à la préservation de la nature au cours du XIXe siècle notamment, l’unique fait d’élites et d’artistes mus par des préoccupations esthétiques ou patrimoniales. Ce n’est en réalité pas le cas. (...)