Mardi, les autorités ont mené une nouvelle opération de démantèlement d’un grand campement de Calais, le "Virval", non loin de l’hôpital de la ville. Selon la préfecture, qui a défendu une opération pour "sauver des vies", 55 personnes ont accepté une "mise à l’abri". L’association L’Auberge des migrants dénonce, de son côté, le harcèlement des autorités à l’égard des exilés.
Mardi 17 mars, "une opération d’évacuation et de mise à l’abri a été menée sur la zone du Virval", peut-on lire sur le compte X de la préfecture du Pas-de-Calais.
Ce campement, tout près de l’hôpital, appelé "Virval", est l’un des plus grands de Calais : il est constitué de centaines de tentes disséminées dans les bosquets. Selon les associations, le Virval abrite environ 600 migrants, dont des familles avec enfants.
D’après les informations de nos confrères de Nord Littoral, "plusieurs véhicules de police ainsi que des équipes de nettoyage ont été mobilisés sur place [...]"
L’opération s’est déroulée sans incident, précisent les autorités. "Des sacs remplis de pierres ont été saisis, dans un objectif de prévention de toute forme de violence à l’encontre des forces de l’ordre, notamment lors des tentatives de traversée maritime". (...)
Pour l’Auberge des migrants, présent à Calais, cette opération est au contraire une "honte". Sur le réseau social X, l’association rappelle que des enfants sont présents dans le camp. L’Auberge mentionne aussi la présence de Soudanais. "Ce sont des personnes qui devraient définitivement être protégées en vertu de la convention de Genève de 1951, mais les responsables de ce malheur en ont décidé autrement : chaque semaine sans exception, expulser, grillager, repousser."
À noter que de nombreux Soudanais présents sur le littoral nord ne souhaitent pas déposer de demande d’asile en France : ils tentent coûte que coûte de rejoindre le Royaume-Uni et refusent généralement les "mises à l’abri" proposées par l’État français. (...)
Lors de ces opérations de la police, de nombreux exilés perdent leurs effets personnels - et leurs documents administratifs pourtant nécessaires à une potentielle régularisation ou demande d’asile. Presque toujours, des équipes de nettoyage (pelleteuses, etc) rasent le campement visé. "Lors de ces opérations, les tentes et les matelas sont trainés dans la boue, les rendant inutilisables", déplore Ambre Argney, membre du collectif Human Rights Observers (HRO), qui recense, entre autre, les démantèlements des camps sur le littoral nord.
Si l’on prend en compte le calcul de HRO, ce démantèlement du Virval est le 5e depuis fin novembre 2025. (...)