Quinze jours après l’incendie de Bolloré Logistics à Grand-Couronne, dans la banlieue de Rouen, des morceaux de métal noircis jonchent les alentours du site dévasté. Une famille en a trouvé plusieurs dans son jardin, et vit sous le choc de l’accident, livrée à elle-même.
C’est là que 12 250 batteries au lithium et 70 000 pneus ont brûlé dans deux hangars mitoyens à partir du 16 janvier. Quinze jours plus tard, depuis l’extérieur, on voit encore de la fumée s’en dégager. Reste aussi l’odeur de brûlé. (...)
le lithium et les pneumatiques font partie des produits émettant des « substances toxiques » en cas d’incendie recensées par l’Ineris, l’expert public sur la maîtrise des risques industriels. Lorsqu’ils brûlent, ils dégagent des composés organiques volatils (COV), substances dont les formes les plus nocives sont cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, ainsi que des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), qui à haute dose sont des irritants aux effets neurotoxiques. Sans oublier les particules fines, dont les effets délétères sur la santé sont bien connus. (...)
« Personne ne nous a prévenus et personne n’est venu nous voir. » (...)
Aucune cellule d’assistance psychologique n’a été ouverte pour les habitant·es. L’agence régionale de santé appelle les médecins à remonter les éventuelles recrudescences de consultations. Rien d’inhabituel n’a été remarqué pour l’instant, selon la préfecture. (...)
Sollicitée par Mediapart, la préfecture explique que « l’ensemble des mesures réalisées a confirmé l’absence de risque qui aurait nécessité le confinement ou la mise à l’abri et par conséquent de recours à un dispositif d’alerte des populations ». Et précise que « l’information et l’accompagnement des habitants vulnérables relèvent du réseau des acteurs et services sociaux de proximité ».
Quant aux débris carbonisés que l’on trouve encore en grand nombre, la préfecture oblige l’exploitant à les évacuer et à les analyser. (...)
Interrogé à son tour par Mediapart, le groupe Bolloré dit n’être que le locataire d’une cellule de l’entrepôt qui a brûlé et qu’il revient au propriétaire d’éliminer les déchets liés au sinistre. Interrogée à ce sujet au soir du mercredi 1er février, la famille Fromentin dit n’avoir toujours vu personne ramasser les débris autour de chez elle.