(...) J ’en suis à ma quatrième "révolte" autour de l’Aide Juridictionnelle, vous comprenez, j’ai vu les résultats magnifiques des 3 autres : toujours plus de missions et de travail, dans des conditions toujours moins acceptables... Mais que nous acceptons, bien forcés – nous avons un beau serment.
Pourtant je suis avocat, qui plus est pénaleux : qui mieux que nous sait qu’il ne faut jamais renoncer, que tout peut arriver, si l’on se donne ?
Car j’avais tort. Et que cette fois il se passe quelque chose.
Nous étions déjà en route, mais lundi dernier, à Lille, les avocats se réunissaient en Assemblée Générale Extraordinaire – et extraordinaire elle fut.
(...) Pendant que Madame Taubira trouvait tout ceci "désopilant", toujours tout à ses vœux de dialogue avec cette belle profession, partout les confrères indignés se levaient à leur tout, en soutien au Barreau de Lille et contre ces projets de spoliation indignes, et prenaient des décisions radicales, grèves totales, paralysie du système judiciaire par tous moyens légaux, manifestations en tous genres, messages, échanges, dans la presse, sur les réseaux, partout.
L’on continuait à envoyer parfois la troupe pour faire valser les robes, à Boulogne sur Mer et plus gravement à Toulouse (des gaz lacrymogènes contre des avocats... Ai-je besoin de commenter ?), ailleurs encore, pardon de n’avoir pas la place de vous citer tous – pendant que dans le même temps on recevait nos instances représentatives, qu’on promettait un amendement, qu’on redisait son attachement au respect de notre belle profession...
Et l’avocat "de base" (Madame le Ministre, ce mot n’est insultant que quand c’est vous qui l’employez) acceptant l’AJ que je suis, que nous sommes des milliers à être, sentait des frissons lui parcourir les avant-bras, sentait son cœur battre en voyant TOUS les confrères de France s’unir et se soutenir, en constatant que nous étions, vraiment, une fraternité, en voyant quelle force et quelle détermination, désespérée, nous pouvions avoir quand nous nous unissons..!
Partout, les actions continuent (...)
Ce mouvement ne peut pas, ne doit pas, ralentir, on ne cèdera pas, pas cette fois, pas avec cette formidable unité.
Alors j’ai eu envie de vous écrire, confrères, mes chers confrères, avec mes confrères lillois mobilisés, tous contentieux du quotidien confondus, pour vous proposer, au milieu de toutes nos actions, des larmes parfois et de ce soulèvement si grand, de ne pas nous reposer encore, de mener cette action jusqu’au bout – et de nous requinquer en laissant, tous, un petit mot ou une simple signature ici – les commentaires ci-dessous vous le permettront facilement, on viendra se relire de temps à autres, ça vaut je crois tout élixir de longue vie...
De vous écrire ici noir sur blanc ce que vous connaissez par cœur et que chacun d’entre nous porte sur sa robe ; que nous avons tous "juré, comme avocat, d’exercer nos fonctions avec
DIGNITÉ, CONSCIENCE, INDÉPENDANCE, PROBITÉ ET HUMANITÉ " !
Et que, par ces actions, par cette résistance, tout sauf par plaisir, mais pour cause de force majeure nationale...
C’est exactement ce que nous faisons tous, plus que jamais, en ce moment !
Je suis fier d’être avocat. (...)