L’ONG a publié son rapport annuel sur la perception de la corruption dans le monde. La France est 23e au classement, alors que les pays nordiques et le Danemark sont en tête.
Classement de la corruption dans le monde : "Il nous semble que la volonté politique fasse un peu défaut" en France, selon l’ONG Transparency (...)
L’ONG a publié son rapport annuel sur la perception de la corruption dans le monde. La France est 23e au classement, alors que les pays nordiques et le Danemark sont en tête. (...)
L’ONG Transparency International publie jeudi 23 janvier son rapport annuel, qui classe 180 pays du monde en fonction de leur niveau perçu de corruption dans le secteur public. Parmi les meilleurs élèves, les pays nordiques et le Danemark en tête. La France elle est à la 23e place. "Il nous semble que la volonté politique fasse un peu défaut" en France, a déploré sur franceinfo Marc-André Feffer, président de Transparency France. Pour Marc-André Feffer, si la lutte contre la corruption a pu être une priorité en France auparavant, "nous avons le sentiment que ça l’est moins, que ça n’est pas à l’agenda des décideurs". (...)
Depuis plusieurs années, un certain nombre de lois sont venues pour lutter contre la corruption, comme la loi de 2013, la loi dite Schiappa, la loi sur la transparence de la vie publique. Ce que l’on constate, c’est que la perception que les milieux économiques ont de la corruption s’est à nouveau un peu dégradée. On sent que la France peut mieux faire et doit mieux faire. (...)
Nous avons maintenant les moyens juridiques, nous devons avoir les moyens financiers pour le Parquet national financier, pour la justice, pour l’agence française anti-corruption. Nous militons pour que, dans les grandes collectivités locales, soit mis en place un plan de lutte contre la corruption. Nous souhaitons aussi que le lobbying soit plus transparent. Nous militons aussi pour que les agendas des ministres, des membres des cabinets ministériels et des parlementaires, lorsqu’ils reçoivent des lobbyistes, soient rendus publics. Nous militons également pour que le financement de la vie politique soit revu et que notamment dans le financement des campagnes électorales, un rôle plus important soit donné à la commission de contrôle pour éviter les problèmes, voire les scandales, qui ont eu lieu lors des différentes élections présidentielles. (...)
On voit qu’un certain nombre de pays sont impliqués, mais globalement le chemin est long. La population a un rôle à jouer, les journalistes qui dénoncent beaucoup de faits d’opacité et de scandales, et un certain nombre d’organisations non gouvernementales, comme la nôtre, aussi. L’interpellation publique et le travail de fond sont essentiels parce que lorsque ce travail est connu, les électeurs et les populations font pression sur les gouvernements. (...)
Certains pays s’améliorent, comme la Grèce, d’autres au contraire régressent un peu, comme le Canada. Ce qu’on peut y voir aussi, comme c’est un indice de perception, c’est que, lorsque dans un pays, il y a un scandale important ou une forte médiatisation liée à des faits de corruption ou d’absence de transparence, il régresse. (...)
Si on prend le cas de la France, ça a été le cas en 2013 avec la grande loi qui a fait suite au scandale Cahuzac. On voit bien que de grosses affaires de corruption permettent de faire progresser les choses. Si vous regardez l’affaire qui s’est déroulée à Malte, elle a fini par avoir des conséquences politiques importantes, alors qu’il s’agissait de l’assassinat d’une journaliste qui travaillait sur des faits de corruption.