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Marie-Claude Saliceti
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Clause de conscience des pharmaciens : polémique close ?
Article mis en ligne le 21 juillet 2016

(...) Le Bureau de l’Ordre des pharmaciens a annoncé jeudi 21 juillet qu’il « suspend la procédure de consultation des pharmaciens sur le projet » de clause de conscience, « le contexte actuel n’étant plus propice à une réflexion éclairée et mesurée ». Le Bureau ajoute qu’il « demandera au Conseil national de l’Ordre des pharmaciens réuni le 6 septembre prochain de ne pas maintenir en l’état le projet de clause de conscience », car « ce qui prime est le lien de confiance entre les Français et les pharmaciens »

Quelques jours plus tôt l’Ordre, dans le cadre de la refonte de son Code de déontologie, proposait à ses adhérents de se positionner sur une éventuelle clause de conscience, et depuis le début de la semaine la polémique enflait, autour du risque qu’une telle clause pourrait impliquer pour l’accès à la contraception. (...)

La ministre des Droits des femmes a rapidement réagi au recul du Bureau de l’Ordre en saluant une « sage décision ».

« Comme j’ai eu l’occasion de le souligner, l’accès des femmes à la contraception ne peut être soumis aux aléas des convictions personnelles des professionnels. Le soutien apporté à cette clause de conscience par les organisations hostiles au droit des femmes à disposer de leur corps a d’ailleurs largement confirmé à quel point mes craintes et celles des associations étaient fondées », ajoute Laurence Rossignol.

Mais l’annonce du Bureau de l’Ordre n’apaise pas encore toutes les craintes. (...)

Une possibilité de « s’opposer à la délivrance de traitements pour des motifs idéologiques »

Une position inacceptable pour un Collectif de pharmaciens qui montait au créneau via une pétition : « Pourquoi inscrire cette clause de conscience dans le nouveau code si ce n’est pour satisfaire les pharmaciens les plus réactionnaires ? ». Une vague de mobilisation s’ensuivait sur les réseaux sociaux via le mot-clé #MaContraceptionMonDroit.

« Cette notion de susceptibilité d’atteinte à la vie humaine est en réalité un artifice visant à autoriser des pharmaciens à s’opposer à la délivrance de traitements pour des motifs idéologiques », dénonçait le blog La Coupe d’Hygie.
Les droits contraceptifs en question

La polémique prenait une telle proportion que la ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol, réagissait dans un communiqué : « Si cette consultation était suivie d’effet, elle ouvrirait clairement la possibilité pour des pharmaciens de refuser de délivrer la contraception d’urgence (pilule du lendemain), la pilule, le stérilet ou même le préservatif ».

La ministre de la Santé Marisol Touraine, plus mesurée, exprimait à l’AFP sa « pleine confiance » en la présidente de l’ordre, Isabelle Adenot, « pour que le droit à la contraception d’urgence et à l’IVG ne soit aucunement remis en cause ».
Engagement pour les « droits des femmes à la contraception et à l’avortement » (...)