Dans cette période troublée, vous trouverez ci-dessous de premiers éléments de réflexion. Nous poursuivrons dans les prochaines semaines, sur notre site et par des conférences filmées la diffusion d’analyses.
cette pandémie survient alors que des années d’austérité budgétaire ont affaibli un hôpital public de plus en plus géré comme une entreprise selon des critères de rentabilité. L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron a amplifié cette orientation.
Face à l’urgence sanitaire, la solidarité au poste de commandes (...)
Ne pas rester silencieux·ses et agir
Si aujourd’hui chacun·e d’entre nous est confiné·e, cela ne signe pas la fin des actions collectives et des gestes de solidarité. Bien au contraire, nous entrons dans une période où la solidarité va devenir un élément essentiel. Solidarité dans les immeubles, dans les quartiers, dans les villages, pour organiser des ravitaillements collectifs afin de limiter les déplacements ; répondre aux besoins les plus urgents ; solidarité avec les salarié·e·s dont le travail est indispensable, en organisant des gardes d’enfants si l’État ne le fait pas ; solidarité avec les personnes isolées en maintenant les contacts téléphoniques avec elles ; vigilance extrême quant aux violences conjugales qui peuvent se multiplier en période de confinement ; solidarité financière avec les plus démuni·e·s… Notre solidarité peut s’exprimer aux balcons et sur les murs de nos logements, en affichant banderoles et pancartes, en se manifestant tous les soirs à nos fenêtres pour faire du bruit en soutien aux personnels soignants.
Sur les 45 milliards annoncés par le gouvernement, la plus grande part est allouée au soutien aux entreprises. S’il est nécessaire de faire en sorte que les petites entreprises ne soient pas englouties par la crise économique, priorité est d’abord de redresser la situation catastrophique de notre système de santé. Le gouvernement annonce 2 milliards pour financer la lutte contre la crise sanitaire, mais derrière ce montant sont regroupés le financement des arrêts maladie et le soutien direct aux besoins des hôpitaux. Le financement des besoins hospitaliers doit être garanti, clairement énoncé et chiffré.
Par ailleurs, Emmanuel Macron a multiplié les références à la guerre lors de son allocution du 16 mars. Mais la guerre contre qui ? S’il s’agit d’une mobilisation générale, ce sont bien les valeurs de solidarité et d’égalité (face à l’accès aux soins, aux biens...) qui doivent nous guider, à l’opposé de toutes les valeurs martiales et belliqueuses que véhicule cet imaginaire guerrier inapproprié.
Et nous serons vigilant·e·s face à toute tentative du pouvoir d’utiliser la crise pour accentuer ses traits autoritaires. L’avenir s’écrit dans cette épreuve nous rappelle Naomi Klein : « Lorsque nous sommes mis·e·s à l’épreuve par la crise, soit nous nous replions et nous nous effondrons, soit nous grandissons, et nous trouvons des réserves de force et de compassion dont nous ne savions pas que nous étions capables. » Lire son entretien sur le site ZIN TV. Enfin, alors que l’imaginaire guerrier porte en germe les rivalités nationales, la crise du COVID-19 nous appelle au contraire à une solidarité internationale et une coordination entre les différents pays. (...)
Les urgences sociales et sanitaires appellent des réponses immédiates (...)
Notre santé vaut plus que leurs profits
Que des milliers de travailleurs et travailleuses continuent d’aller produire des choses non essentielles dans ce contexte de crise n’est pas acceptable (entrepôts Amazon, chantiers naval, usines Airbus...). Il faut étendre le confinement aux salarié·e·s qui travaillent dans les secteurs qui ne sont pas d’utilité publique en période de crise sanitaire, en fermant provisoirement les entreprises, en assurant un maintien des salaires et l’interdiction des licenciements. Par ailleurs, de nombreux·ses travailleur·se·s précaires, des indépendant·e·s, des auto-entrepreneur·se·s sont également menacé·e·s, notamment dans le secteur associatif et culturel, de même que les étudiant·e·s qui sont privé·e·s des modes de consommation bon marché (restaurants universitaires...). À ceux et celles-là, le gouvernement doit garantir des revenus de substitution. Il s’agit également d’assurer que la garde d’enfants ne pèse pas uniquement sur les femmes et que soient pris en charge à 100 % les arrêts de travail.
Bien que le gouvernement prolonge la trêve hivernale, aujourd’hui, de nombreuses personnes dorment encore à la rue. La réquisition des logements vides pour accueillir ces personnes doit être mise en œuvre d’urgence.
Enfin, Emmanuel Macron a annoncé la suspension du processus législatif, et donc de la réforme des retraites et la non application de la réforme de l’assurance chômage. Une suspension qui doit conduire à une annulation tant la démonstration est faite que ces projets sont incapables d’assurer une protection et les garanties sociales nécessaires, que l’on soit en temps de crise économique ou pas.
Pour une sortie de crise sociale et écologique
Les mesures que vient d’annoncer Emmanuel Macron sont la démonstration que les choix politiques ne sont pas nécessairement soumis à un déterminisme économique. Les mesures d’austérité et les injonctions de l’Europe libérale ne valent plus rien dans un tel contexte. Cela doit nous servir de leçon (...)