L’enfant de 2 ans dont la famille kurde vit à Grande-Synthe, dans la périphérie de Dunkerque, est mort près de Namur lors d’une course-poursuite avec la police belge.
Ce jeudi midi, les migrants de Grande-Synthe (commune en périphérie de Dunkerque) se trouvaient sur l’A16, dans un mouvement spontané de colère suscité par la mort d’une fillette de 2 ans dans une course-poursuite avec la police belge, la nuit précédente. Ils étaient une soixantaine d’après la préfecture, dont des femmes et des enfants, et ont été rapidement délogés, sans difficulté, par les CRS. Une vingtaine de personnes ont été interpellées. Claire Millot, bénévole à Salam Dunkerque, raconte l’émoi : « Nous sommes arrivés pour la distribution [de nourriture, ndlr] comme tous les midis, mais il n’y avait presque personne, toutes les familles étaient sur l’autoroute. On nous a alors expliqué qu’une camionnette de passeurs avait emmené hier soir 25 personnes au moins. La police belge a voulu les interpeller, le passeur ne s’est pas arrêté, comme souvent, et les policiers ont tiré sur la camionnette, et auraient tué le bébé de 18 mois. » L’affaire s’est produite loin des routes de passage habituelles vers l’Angleterre, du côté de Namur : les passeurs recherchent désormais des parkings éloignés et peu surveillés pour embarquer les exilés dans des camions complices.(...)
Une autopsie va déterminer les raisons de sa mort, mais le parquet belge affirme d’ores et déjà que toute atteinte par une balle de la police est exclue. Il semblerait que les passeurs aient exhibé la fillette par la fenêtre de la camionnette, pour dissuader les forces de l’ordre de les pourchasser. Une pratique que confirme Claire Millot : « C’est déjà arrivé du côté français, ils avaient sorti un bébé par la vitre et le tenaient au-dessus du vide : les policiers avaient arrêté la course-poursuite. » (...)