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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
En Inde, les appels à la haine sont devenus monnaie courante
Article mis en ligne le 4 janvier 2022
dernière modification le 3 janvier 2022

Les propos glacent le sang. Ils ont été proférés par des religieux, extrémistes hindous, lors d’un événement organisé entre le 17 et le 19 décembre dans la ville sainte d’Haridwar, dans l’Etat d’Uttarakhand, à quelque 200 kilomètres au nord de New Delhi. Devant des foules tout entières acquises à leur cause, ils ont fait le serment de faire de l’Inde, pays laïque et multiconfessionnel, une nation hindoue – quitte à éliminer les dizaines de millions de musulmans indiens (15 % du milliard d’Indiens).

Quelques jours plus tard, des vidéos de ces appels à la haine et au génocide des musulmans ont fait le tour des réseaux sociaux. « Si nous sommes cent d’entre nous prêts à tuer deux millions d’entre eux, alors nous serons victorieux et ferons de l’Inde une nation hindoue », lance une femme, identifiée sur l’une des vidéos comme Pooja Shakun Pandey, du Hindu Mahasabha, un groupe ultranationaliste. Dans ce clip, elle appelle également à prier pour Nathuram Godse, l’assassin du Mahatma Gandhi, père de la nation, qui prônait, lui, l’harmonie entre les religions.

Malgré la gravité des menaces, le premier ministre, Narendra Modi, issu des rangs des nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien, BJP), est resté silencieux. (...)

Sentiment d’impunité

Ces discours de haine interviennent alors que plusieurs élections régionales-clés doivent avoir lieu début 2022. (...)