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Enfants français détenus en Syrie : la France condamnée
Article mis en ligne le 23 septembre 2022

Après trois ans de procédure lancée par des grands-parents de trois enfants retenus dans les camps kurdes, la France a donc été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans un arrêt rendu par la grande chambre ce mercredi matin. Une décision très attendue qui fait désormais jurisprudence et force l’état français à revoir l’ensemble des situations des dizaines de femmes et des centaines d’enfants encore prisonniers dans le nord-est syrien.

La décision de la CEDH porte précisément sur deux dossiers défendus par maître Marie Dosé, très investie sur cette question. (...)

Si la France a rapatrié depuis 2019 « au cas par cas » quelques dizaines d’enfants français, elle n’a jamais réellement expliqué la manière dont elle formait les listes des personnes qu’elle allait chercher. Pour les deux dossiers concernés, elle a soit refusé le rapatriement, soit n’a simplement pas daigné répondre.
Des garanties contre l’arbitraire

C’est proprement ce que reproche la CEDH à l’État français : l’impossibilité de pouvoir juger de l’arbitraire d’une décision. « Le respect par l’État de son obligation positive de permettre l’exercice effectif du droit d’entrer sur son territoire implique l’existence de garanties appropriées contre le risque d’arbitraire dans la manière dont il s’est acquitté de cette obligation », explique ainsi la Cour. (...)

« Le rejet d’une demande de retour sur le territoire national, (…) doit pouvoir faire l’objet d’un examen individuel approprié par un organe indépendant chargé d’en contrôler la légalité. Un tel contrôle doit permettre de prendre connaissance, même sommairement, des motifs de la décision et de vérifier qu’ils reposent sur une base factuelle suffisante et raisonnable et que les justifications tirées de considérations impérieuses d’intérêt public ou de difficultés d’ordre juridique, diplomatique et matériel que les autorités exécutives pourraient légitimement invoquer sont bien dépourvues d’arbitraire. »

Le gouvernement français est donc sommé de reprendre l’examen des demandes des requérants « dans les plus brefs délais en l’entourant de garanties appropriées contre l’arbitraire ».