
Le moins que l’on puisse dire est que ces prochaines européennes n’agitent pas la foule. Ni celle de plus en plus maigrelette des électeurs potentiels, ni celle des partis en lice dont le seul but semble être de fournir un poste bien juteux à leurs recalés des scrutins nationaux. Étonnez-vous après qu’une large majorité, moins silencieuse qu’il n’y paraît, s’en détournent.
L’abstentionniste, cet empêcheur de démocratiser en rond
Justement, à part le démontage en règle de l’UE par ses opposants éclairés (Lordon, Sapir, Todd…), mollement et de plus en plus stupidement défendue par des eurobéats suffisants (Colombani) ou carrément phtisiques (les Verts), les seules discussions un tant soit peu argumentées tournent autour de la signification d’une abstention qui promet de battre de nouveau record. (...)
Une abstention revendiquée, ça s’appelle un boycott
Désintérêt citoyen pour la chose européenne ? Allons donc, lors du référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne, le taux d’abstention ne fut que de 30,66 %, soit quasiment la moitié moins de ce qu’il sera probablement le 25 mai prochain, date du scrutin dans l’hexagone.
De là à requalifier l’abstention en “boycott citoyen”, il n’y a qu’un pas que le PRCF franchit allègrement. Et il n’est pas le seul. Car comment appeler autrement la décision d’un Emmanuel Todd de ne pas participer au scrutin ? Une abstention revendiquée, ni une ni deux, ça s’appelle un boycott. (...)