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Marie-Claude Saliceti
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Grèce : Le parti néonazi L’Aube Dorée
Article mis en ligne le 29 novembre 2013
dernière modification le 27 novembre 2013

Une surprise ? Un phénomène inattendu ?

Le soir du 17 septembre 2013, le militant et chanteur antifasciste Pavlos Fyssas, fut lâchement abattu à coups de couteau, par un membre des sections d’assauts du parti néonazi grec « l’Aube Dorée ».

Cela déclencha, le soir même, un vaste mouvement de protestation, d’indignation et de colère, poursuivi, jusqu’à aujourd’hui, par de vastes mobilisations antifascistes à l’échelle du pays tout entier.

Pris de panique, contraint par les mobilisations antifascistes et les pressions de l’opinion publique internationale, le gouvernement grec s’est décidé enfin, en quelques heures, à arrêter les principaux dirigeants de l’Aube Dorée, quelques-uns de ses députés et de ses cadres et de les poursuivre en justice au titre de leur participation aux activités d’une organisation criminelle.

Cependant, les poursuites judiciaires se compliquent d’autant plus que le parti néonazi s’avère disposer, de longue date, de solides complicités et de soutiens actifs aussi bien au sein même de l’appareil de l’Etat (Administration, Sécurité nationale, Forces spéciales de répression, Police, Armée) que dans le monde de l’économie et de la finance (des armateurs aux milieux mafieux de l’économie souterraine). Nous y reviendrons. (...)

Une surprise ?

Ce qui est à la fois étrange et paradoxal, c’est qu’aussi bien le gouvernement grec que les médias à son service se sont ostensiblement montrés, au lendemain même de cet ignoble assassinat, comme « surpris » par l’événement, comme si, avec cet acte barbare, ils découvraient soudain, à la fois l’existence du parti néonazi, son idéologie et ses agissements criminels. Pourtant, il était de notoriété publique, au sens propre, que ce parti, qui depuis sa création officielle au début des années 1980, n’a jamais caché, ni son idéologie national-socialiste, ni ses références à Hitler, ni ses discours négationnistes, antisémites, racistes et xénophobes, n’avait cessé, depuis quatre ans déjà, de commettre, dans l’impunité la plus totale et avec la complicité de forces de police, nombre d’assassinats et d’agressions violentes contre des immigrés, des opposants politiques, des syndicalistes et des militants antifascistes. Nul n’ignorait en Grèce et même à l’étranger, que l’Aube Dorée, parti ouvertement néonazi, semait la terreur dans les rues d’Athènes et en province. (...)

les poursuites pénales des cadres, des activistes et des membres de « l’Aube Dorée » pour leur participation à une organisation criminelle, ne sauraient suffire pour venir à bout de la pieuvre nazie. Il faut une lutte politique en profondeur pour imposer la transformation radicale des structures même de l’Etat grec, de l’organisation et du fonctionnement de ses appareils de répression qui échappent aujourd’hui encore, à tout contrôle politique démocratique. (...)

Il n’y a que le mouvement antifasciste, les mobilisations permanentes et la pression de toute la société qui peuvent, in fine, obliger le gouvernement d’aller aussi loin que possible dans le démantèlement de l’Aube Dorée et de tous ses réseaux complices à tous les niveaux – État, Administration, Forces de police, Armée, monde économique et financier. (...)

La droite et les socialistes au pouvoir, soit en alternance, soit en coalition, n’ont pas compris ce que ne semblent pas avoir davantage compris l’UMP et les socialistes français, à savoir que plus le bloc au pouvoir se radicalise à droite, plus l’extrême droite s’autonomise et gagne du terrain. Les derniers scrutins français au niveau cantonal confirment tragiquement cette règle.