« Dans un souci d’apaisement », l’institution dédiée au septième art a décidé de reporter sine die la rétrospective consacrée au réalisateur de Noce blanche, condamné en 2005 à un an de prison avec sursis pour le harcèlement sexuel de deux jeunes actrices.
(...) Après l’inauguration houleuse de la rétrospective dédiée à Roman Polanski, la Cinémathèque française a décidé d’ajourner l’hommage à l’œuvre de Jean-Claude Brisseau. Le contexte, il est vrai, n’est pas des plus apaisés.
Cette position semble aussi nécessaire que raisonnable après la manifestation qui a perturbé l’ouverture de la rétrospective dédiée au cinéaste franco-polonais. Une cinquantaine de militantes féministes s’étaient réunies pour protester contre l’idée même de l’événement, reprochant à l’institution parisienne « d‘encenser un agresseur » et de contribuer à « construire l’impunité des agresseurs ». La secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa accusait, elle, la Cinémathèque de favoriser la culture du viol.
Laure Salmona, du collectif Féministes contre le cyberharcèlement, se demandait à l’annonce de cette rétrospective dédiée à Jean-Claude Brisseau, si la thématique de la saison de la cinémathèque ne serait pas « violeurs et agresseurs sexuels ».
Le réalisateur de Noce blanche a été en effet condamné en 2005 à un an de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux actrices. À l’époque, la comédienne Noémie Kocher avait osé briser l’omerta qui régnait autour des pratiques du cinéaste, pourtant très connues dans le milieu du cinéma.(...)