"Je ne voulais pas mourir". C’est avec cette affirmation-choc que des centaines d’internautes russes militent depuis deux semaines sur Instagram. Leur souhait ? Que leur gouvernement mette enfin en place un projet de loi de prévention des violences domestiques.
"On dénombre 16 millions de victimes de violences domestiques en Russie. Ici, le violeur est protégé, pas la victime", déplore Alena Popova sur son compte Instagram. Ce 19 juillet, l’activiste russe des droits de l’homme a décoché une publication-choc. Elle y fustige la justice russe, qui condamne "des femmes emprisonnées, accusées de meurtre, pour s’être défendues de leur mari tyrannique", et plus globalement l’inaction du gouvernement russe face aux violences conjugales. Sur son front recouvert par ses mèches blondes s’affiche une large blessure, sanguinolente. Et, en guise de mot d’ordre, cette assertion funèbre : "Je ne voulais pas mourir".
En vérité, la blessure est factice. Par ce maquillage, Popova ne se contente pas de choquer son audience, elle la sensibilise. Et elle n’est pas la seule. A ses côtés, des centaines de femmes russes ont publié sur leurs réseaux sociaux ce genre de messages - maquillage macabre à l’appui. Toutes participent à une vaste campagne à la visée collective : convaincre le gouvernement de mettre en place un projet de loi consacré aux violences domestiques. (...)
"En Russie, environ 12 000 à 14 000 femmes meurent chaque année de violences domestiques. La Russie a besoin d’une loi fédérale sur la prévention de la violence familiale et l’assistance aux victimes. Pour que cela se produise, il nous faut une publicité maximale", développe à l’unisson l’activiste et vidéaste russe Alexandra Mitroshina (...)
Comme elle, nombreuses sont celles à se rallier à cette cause militante. "Personne n’est à l’abri de la violence domestique, et il est important pour chaque femme, et chaque mère, de savoir que nous et nos enfants sommes sous la protection de la loi. Malheureusement, ce n’est pas le cas dans notre pays", conclut une internaute révoltée. (...)
Paré d’un makeup mortifère, la face recouverte d’ecchymoses, elle fait partie des 600 000 personnes à avoir signé la pétition d’Alena Popova pour l’inauguration d’une loi. Un texte intié il y a trois ans de cela et qui, à travers la campagne #JeNeVoulaisPasMourir (#янехотелаумирать) a aujourd’hui droit à une seconde vie.