Le puissant tremblement de terre qui a frappé le Népal en avril dernier a détruit des villages entiers et tué plus de 9 000 personnes. On aurait pu s’attendre à ce que les pays de l’ensemble de la région s’empressent d’améliorer leurs systèmes de préparation aux catastrophes. Or, selon les experts, les mesures adoptées sont loin d’être suffisantes pour faire face au prochain gros tremblement de terre.
L’Inde peine à composer avec le vieillissement de ses infrastructures et les difficultés d’application de ses codes du bâtiment et le Bhoutan n’alloue pas d’argent à la réduction des risques de catastrophes. Fait surprenant : le Népal lui-même n’a pas encore mis en oeuvre de programmes de promotion de la préparation aux catastrophes auprès de ses citoyens. Il est par ailleurs fort probable que les efforts de reconstruction ne respectent pas les normes qui permettraient de supporter un autre puissant séisme.
Selon une étude publiée récemment dans les revues Nature Geoscience et Science, les pays devraient investir massivement dans les mesures de préparation aux catastrophes, car la région risque d’être secouée par un tremblement de terre encore plus puissant.
L’étude révèle que le tremblement de terre de magnitude 7.8 qui a touché le Népal près de la ville de Gorkha a entraîné le relâchement de l’énergie sismique accumulée vers l’ouest, le long du chevauchement himalayen principal (Main Himalayan Thrust, MHT), une bande de territoire densément peuplée s’étalant sur près de 800 kilomètres entre Pokhara, au Népal, et Dehradun, en Inde. Un tel transfert d’énergie sismique fait augmenter les risques d’un tremblement de terre d’une magnitude sans précédent depuis 500 ans.
L’étude a découvert qu’un futur séisme d’une magnitude supérieure à 8.0 pourrait affecter l’ouest du Népal, la plaine indienne du Gange et le Bhoutan. (...)
Réduire les risques
L’Inde a commencé à investir dans les mesures de réduction des risques de catastrophes.
Le Dr Vineet Gahlaut, qui dirige le Centre national de sismologie, a participé à la mise en place de 25 stations GPS dans l’Uttarakhand afin de surveiller les changements dans les mouvements du sol. L’État accueille également le premier système d’alerte précoce de l’Inde. Celui-ci permet de prédire la survenue d’un séisme jusqu’à 40 secondes avant qu’il se produise. (...)
Les codes du bâtiment indiens ont été mis à jour en 2001 après la survenue d’un tremblement de terre de magnitude 7.7 dans l’État du Gujarat, dans l’ouest du pays. Selon M. Kishore, il n’y a cependant pas suffisamment d’ingénieurs formés pour les mettre en application. En général, les entrepreneurs ne respectent pas les nouveaux règlements et tentent plutôt de rogner sur les coûts. (...)
la situation est semblable au Népal. Les codes du bâtiment népalais ont en effet cruellement besoin d’être mis à jour.
Le tremblement de terre qui a frappé le Népal en avril dernier a détruit plus de 600 000 maisons de pierres et de boue. Pourtant, la plupart des gens savaient que le pays risquait d’être touché par un puissant séisme et que les codes du bâtiment devaient être révisés pour y faire face, a dit M. Upreti.
« Il faut faire de l’ingénierie structurelle dans les montagnes, sans quoi des centaines de milliers de personnes mourront », a-t-il dit à IRIN.
Les nouveaux codes du bâtiment népalais ne sont pas suffisamment exigeants, et ce, malgré la destruction survenue en avril et les dommages causés par un second séisme mortel en mai. (...)
Au Bhoutan, le manque de fonds constitue le principal obstacle à l’amélioration de la préparation aux catastrophes.
Le pays s’est contenté de créer le département de gestion des catastrophes en 2008 et d’adopter la loi de gestion des catastrophes en 2013. Des efforts sont actuellement déployés pour mettre en pratique les recommandations de la loi, mais, selon un rapport présenté en février à la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), le manque de coordination entre les différents secteurs gouvernementaux a retardé et desservi leur application.
L’an dernier, le département de gestion des catastrophes du Bhoutan a presque doublé son budget, qui est passé à 590 000 dollars. Le pays n’a cependant pas investi dans la réduction des risques de catastrophes, c’est-à-dire l’identification des vulnérabilités dans les infrastructures et les mesures de préparation dans le but d’atténuer les conséquences des catastrophes naturelles. (...)