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Marie-Claude Saliceti
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Slate.fr
L’Everest est devenu la plus haute décharge de la planète
Article mis en ligne le 23 septembre 2019
dernière modification le 21 septembre 2019

La fonte des glaces révèle que le sommet est recouvert de corps humains et de tonnes de déchets.

Affectée par le changement climatique et des décennies d’alpinisme, la route pour atteindre le sommet de l’Everest est jonchée de plus de 200 cadavres. Les alpinistes se servent souvent des corps pour évaluer la distance et l’altitude. (...)

Mingma David Sherpa avait aux alentours de 20 ans lorsqu’il a escaladé et vu un cadavre sur l’Everest pour la première fois, en 2010. Il se rappelle que durant son ascension, il a aperçu les « bottes vertes » appartenant à un alpiniste indien et en a déduit qu’il entrait dans la « zone mortelle », commençant à 8.000 mètres au-dessus du niveau de la mer. (...)

« Je me sentais mal, se souvient Mingma à propos de cette tragique expérience. Je croisais plusieurs personnes qui étaient clairement en détresse mais qui ne pouvaient pas être sauvées. »

En 2015, Mingma a formé une équipe de secours bénévole composée de sherpas, des guides de montagne appartenant majoritairement à la communauté ethnique népalaise du même nom. Son groupe a sauvé et récupéré les corps de cinquante-deux personnes mortes sur l’Everest et le Makalu, le cinquième plus haut sommet du monde.

L’équipe ne doit pas seulement faire face à un terrain naturellement hostile : le changement climatique rend leur mission encore plus périlleuse. En 2014, une température exceptionnellement chaude avait provoqué une avalanche sur le glacier du Khumbu, près du camp de base de l’Everest, faisant seize victimes.
Nettoyage bénévole

À côté des cadavres, parfois là depuis des décennies, s’accumulent des tonnes de déchets. (...)

Plus de 5.000 kilos d’excréments seraient amassés au camp de base.

Un étude de long terme réalisée par le Centre international pour le développement intégré en montagne (ICIMOD) a prouvé que les glaciers de l’Hindou Kouch et de l’Himalaya fondaient rapidement et menaçaient d’être réduits à un tiers de leur taille si les émissions de CO2 n’étaient pas maîtrisées.

« La première grande opération de nettoyage n’a été effectuée qu’en 1996, par l’Association d’alpinisme du Népal. (...)

Le gouvernement népalais a récemment instauré des mesures pour préserver l’Everest, mais les opérations de nettoyage sont encore souvent financées par des fonds privés ou effectuées par des bénévoles. Selon une estimation de l’Everest Summiters Association, il resterait encore environ 30 tonnes de déchets sur la montagne.