Dans ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Baupin », les victimes, qui ont eu le courage de témoigner à visage découvert, ne verront pas la justice statuer. Non pas parce qu’elles avaient tort mais parce que, selon le Tribunal de grande instance de Paris, les faits, qui étaient pour certains d’entre eux « susceptibles d’être qualifiés pénalement », étaient prescrits.
Malgré cette déconvenue, les quatre femmes qui avaient porté plainte estiment que leur démarche a fait changer le regard de la société et que « la honte change de camp »
(...) Mais Denis Baupin ne s’est manifestement pas senti honteux. Voici qu’il annonce qu’il va déposer quatre plaintes pour dénonciation calomnieuse contre ses accusatrices et une contre EELV pour diffamation. Même pas honte !
Et nous voici revenus au schéma classique : les femmes n’osent pas, ou tardent à, déposer plainte pour harcèlement sexuel parce qu’elles savent que leur parole sera mise en doute et parce qu’il est difficile de donner les preuves attendues par des tribunaux très exigeants. Et quand elles déposent plainte, si elles sont déboutées faute de preuve, les plaignantes risquent d’être condamnées à de lourdes peines pour dénonciation calomnieuse.
Ce qui est déterminant dans ces affaires est une évolution de la justice dans le recueil et l’acceptation des preuves afin de pouvoir concrètement condamner les vrais coupables, pas les victimes. (...)
Si la honte a commencé à changer de camp, il faudra encore des condamnations exemplaires pour faire reculer le harcèlement sexuel.