Qu’est-ce que le care ? Apporter une réponse concrète aux besoins des autres, adopter une vision du monde fondée sur les relations humaines - et non sur des individus isolés et indépendants dont les rapports sont régis par des systèmes de règles ; telle est, aujourd’hui, la définition du care, ce concept qui ne relève pas, comme on l’a longtemps cru, du seul souci des autres ni d’une préoccupation spécifiquement féminine, mais d’une question politique cruciale recoupant l’expérience quotidienne de la plupart d’entre nous.
L’éthique du care pose problème, depuis sa théorisation dans les années 1980 par l’auteure anglo-saxonne C. Gilligan. D’un côté, les critiques machistes la dénigrent, n’y voyant qu’une reformulation
La réflexion sur cette notion d’une très grande ampleur, après les travaux fondateurs de Carol Gilligan dans les années 1980 puis de Joan Tronto dans les années 1990, nécessite aujourd’hui une approche qui conjugue les domaines du travail, du genre, de l’éthique et de la santé.
« Une société qui donnerait toute sa valeur au care et à ses relations ne serait pas seulement une société plus agréable et gentille, mais surtout une société plus égalitaire et juste », écrit Evelyn Nakano Glenn dans un texte programmatique intitulé « Creating a Caring Society » (...)