
"Le Parti démocrate a certainement retardé l’annonce du reclassement du niveau de gravité pour attendre la fin les élections, qu’il a d’ailleurs perdus. Je réclame plus de transparence." Ce message, envoyé sur Twitter par @pukuma, un habitant de la préfecture de Shimane, dans le sud du Japon, n’est pas un cas isolé. Depuis mardi matin, des accusations du même type déferlent sur le réseau social, très utilisé dans l’archipel.
De nombreux Japonais en veulent aux autorités d’avoir attendu la fin des élections locales de dimanche pour reclasser subitement l’accident nucléaire de Fukushima au même niveau que celui de Tchernobyl.
Déjà, lundi, la décision d’élargir la zone d’exclusion à trente kilomètres au lieu de vingt autour de la centrale endommagée avait suscité l’étonnement.
Au Japon, la crise nucléaire est désormais un enjeu politique national. Ce qu’a pu ressentir la majorité démocrate, lourdement sanctionnée pour sa gestion hasardeuse de la crise, en particulier dans la préfecture de Tokyo. Dans la capitale, le sujet du nucléaire a dominé la campagne électorale, éclipsant les enjeux plus locaux.
Le sulfureux Shintaro Ishihara, porté par le parti libéral d’opposition, y a été réélu gouverneur haut la main. Lors de la campagne, il a pris des mesures fortes comme celles de mesurer le niveau de contamination de l’eau de Tokyo, avant d’en siroter devant les caméras, directement à l’usine de traitement des eaux.(...)
Près de Fukushima, lundi, la recommandation d’évacuer le village d’Iitate a provoqué une grande confusion, rapporte l’agence AP. Les autorités locales avaient encore assuré, la semaine dernière, que les 6 200 habitants n’étaient pas en danger.(...)
Hideo Hayashi, un sous-traitant de Tepco, soupire : "J’ai travaillé à la centrale. Contrairement à la plupart des gens du coin, je m’y connais en radioactivité (...). Je pense que le gouvernement a été bien trop optimiste pour éviter la panique."(...)
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