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Marie-Claude Saliceti
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Les colonies israéliennes soudain conformes au droit international
Article mis en ligne le 25 novembre 2019
dernière modification le 24 novembre 2019

Donald Trump déclare que la colonisation des Territoires palestiniens est conforme au droit international. Une façon de s’assurer aux prochaines élections présidentielles du soutien des millions de fondamentalistes chrétiens...

Des colons en Jusée Samarie ? Vous plaisantez !
Ainsi s’expriment les chantres d’un supposé « Retour » des juifs exilés sur leur dite Terre originelle.
Ainsi s’exprime Benjamin Netanyahu, utilisateur hors pair de l’accusation d’antisémite envers tout individu qui critique l’invention de l’Etat juif de juillet 2018, lequel laisse de côté un quart de sa population non-juive, (Palestiniens chrétiens et musulmans, druzes, russes athées), et la poursuite de la colonisation qui va de pair avec ce concept. L’accusation d’antisémitisme à l’endroit des critiques, constituant un argument redoutable, lequel sape l’autorité du pur intellect en convoquant un élément de la sphère affective. En résulte un énoncé du type : « vous n’êtes pas d’accord parce que vous ne m’aimez pas. « Ainsi en va-t-il de « haine de soi » reprochée aux juifs dissidents… Amour et haine ne relèvent pas du lexique de l’argumentation rationnelle. La définition, floue, de l’IHRA, concernant l’antisémitisme ne laisse pas d’inquiéter, vu, par exemple, les répressions exercées par l’Angleterre qui a adopté cette définition.
Ainsi s’exprime aussi l’administration Trump, prétextant, contre l’ONU, que la colonisation en Cisjordanie ne s’oppose pas au droit international, lesdites colonies n’étant que des implantations (traduction de l’anglais « settlements »), de Juifs descendants d’un exode, qui, bien que vieux de deux mille ans, justifierait un retour, avec recours à la force, desdits exilés. (Ce, contre le Talmud de Babylone qui interdit un tel « Retour »). Une façon de s’allier avant les élections présidentielles, le vote des millions de fondamentalistes chrétiens, électorat plus fiable que celui des juifs, divisés eu égard à la politique de colonisation israélienne.
Question paradigme, on est en droit de se demander, pour les mêmes raisons invoquées, pourquoi par exemple, les Juifs et les Musulmans chassés par Isabelle la catholique en 1492, ne pourraient pas « rentrer », cinq siècles plus tard, en Andalousie. Ou, pourquoi les Amérindiens, exilés dans des réserves depuis quelque deux cents ans, ne pourraient « rentrer » à Manhattan. Ou, pourquoi les Américains eux-mêmes, descendants des puritains persécutés en Europe et passés par Ellis Island, ne pourraient pas « rentrer » en Europe…
Israël est un Etat non seulement reconnu par la communauté internationale, mais même crée par l’ONU. Le même ONU a voté depuis 1967 des résolutions demandant qu’Israël se cantonne dans les frontières de 1967, en vain. Vingt-huit ans plus tard, les accords d’Oslo étaient, à leur tour, bafoués. (...)

Les colonies sont de plus, rejointes par des routes de contournement interdites aux Palestiniens (Selon B’Tselem, chiffre de juin 2009), les Palestiniens ont un accès limité ou interdit à l’usage de 41 routes, ce qui représente quelque 732 km en Cisjordanie, y compris 17 routes (124 km) que les Palestiniens sont complètement interdits d’emprunter.
Autre particularité de ces colonies, elles attirent les Israéliens avec une diversité de mesures alléchantes du gouvernement, telles les subventions de logements, et les réductions d’impôt sur le revenu.
Pour l’heure l’UE s’en tient aux résolutions 607, 608, 636, 641, 672, 694, 799, 1 397, 2334, condamnant le non-respect des frontières de 1967. Pour combien de temps ?